Acheter en SCI : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Acheter en SCI peut simplifier la gestion et la transmission, à condition d’anticiper les règles et la fiscalité.
Acheter en SCI : tout ce qu'il faut savoir
Melanie Stander | Unsplash

Acheter un bien immobilier via une SCI, ou société civile immobilière, séduit de plus en plus de particuliers. Souple, modulable et adaptée aux projets à plusieurs, elle offre de vrais avantages, à condition d’en comprendre le fonctionnement, les règles et les limites.

Qu’est-ce qu’une SCI concrètement?

Une SCI est une société créée par au moins deux personnes, dans le but de détenir et gérer un ou plusieurs biens immobiliers et d’organiser la répartition des parts sociales selon les apports de chacun.

Publicité

La SCI a une existence juridique propre. Elle peut ouvrir un compte bancaire, emprunter, signer un acte d’achat chez le notaire, encaisser des loyers et payer des charges. Un gérant est désigné pour assurer la gestion courante, selon les règles prévues dans les statuts.

SCI ou indivision : pourquoi ce n’est pas la même chose

Lorsque l’on achète un bien à plusieurs sans structure juridique, on se retrouve en indivision. C’est simple à mettre en place, mais souvent compliqué à gérer dans la durée. Certaines décisions nécessitent l’unanimité, ce qui peut bloquer un projet si les intérêts divergent.

Avec une SCI, les règles sont fixées à l’avance dans les statuts : majorité requise pour vendre, conditions de sortie d’un associé, pouvoirs du gérant…On ne possède plus « une part du bien », mais des parts de société, ce qui facilite les transmissions et limite les situations de blocage.

Dans quel cas la SCI est vraiment intéressante?

La SCI est particulièrement adaptée lorsque l’on achète en famille, par exemple pour gérer une maison, une résidence secondaire ou préparer une transmission progressive aux enfants. Elle est aussi pertinente pour acheter à plusieurs, en couple, entre amis ou entre frères et sœurs, lorsque l’on souhaite éviter les contraintes de l’indivision.

Acheter en SCI : tout ce qu'il faut savoir
Jakub Żerdzicki | Unsplash

Les principales formes de SCI

La SCI se décline en plusieurs formes, selon l’usage et le projet :

La SCI de gestion ou de location

C’est la forme de SCI la plus répandue. Elle permet d’acheter et de gérer un ou plusieurs biens immobiliers destinés à la location, qu’il s’agisse de logements ou de locaux professionnels. Les loyers perçus sont répartis entre les associés en fonction de leurs parts. En revanche, cette SCI n’est pas faite pour acheter et revendre des biens, et la location meublée doit rester marginale sous peine de basculer vers un régime fiscal différent.

La SCI familiale

Destinée aux projets immobiliers entre membres d’une même famille, jusqu’au quatrième degré (parents, enfants, frères et sœurs, oncles, tantes, cousins…), elle permet de constituer un patrimoine immobilier commun et d’en organiser plus facilement la transmission, notamment en donnant progressivement des parts sociales aux enfants. Cette structure limite aussi les conflits familiaux, en évitant les situations de blocage ou de vente forcée du bien.

La SCI de construction-vente

La SCI de construction-vente est une exception : c’est la seule SCI autorisée à acheter, construire, puis revendre un bien immobilier à des tiers. Elle est utilisée pour des projets ponctuels, comme l’achat d’un terrain suivi de la construction d’un immeuble destiné à la vente. Une fois l’opération réalisée, la SCI est généralement dissoute.

La SCI d’attribution

La SCI d’attribution est conçue pour les projets immobiliers collectifs. Elle permet d’acheter ou de construire un immeuble afin de le diviser en lots, attribués ensuite aux associés selon leur participation. La société est dissoute après la répartition des biens, sans revente à des acheteurs extérieurs. 

La SCI de jouissance à temps partagé

Moins connue, cette SCI permet de partager l’usage d’un bien immobilier, et non sa propriété directe. Chaque associé dispose d’un droit d’occupation pendant une période déterminée, souvent pour une résidence de vacances. Elle n’a pas vocation à générer des revenus.

La SCI agricole

La SCI agricole ne concerne pas directement l’immobilier d’habitation. Elle est utilisée par des exploitants agricoles pour mettre en commun des moyens financiers ou fonciers, ou organiser la transmission d’un patrimoine professionnel.

Créer une SCI : les étapes clés

La création d'une SCI suit un processus précis :

  • Rédiger les statuts : ils déterminent les règles de fonctionnement de la SCI,  pouvoirs du gérant, modalités de décision, organisation des assemblées ou encore conditions de cession des parts. Ils peuvent être rédigés par les associés eux-mêmes ou avec l’aide d’un professionnel (avocat, notaire ou expert-comptable).
  • Dépôt du capital social constitué par les apports des associés ou par un emprunt. Aucun montant minimum n’est imposé par la loi.
  • Ouvrir un compte bancaire au nom de la SCI.
  • Publier une annonce légale dans un journal dédié. Le coût est réglementé, entre 189 et 221€ HT.
  • Immatriculer la SCI : déposer le dossier au guichet unique, une plateforme officielle en ligne qui centralise toutes les démarches. Les frais d’immatriculation s’élèvent à 66,88€ TTC.
  • Obtenir le Kbis : il s’agit du document officiel attestant de l’existence de la SCI.

SCI et fiscalité, l’essentiel à comprendre

Une SCI est soumise à l’impôt sur le revenu. Les bénéfices sont directement imposés chez les associés, en fonction de leur part dans la société.

Il est possible d’opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), qui peut être intéressant dans certains projets d’investissement mais qui engage la SCI sur le long terme et complexifie sa gestion.

La SCI est un outil efficace pour structurer un projet immobilier à plusieurs, à condition d’être adaptée à la situation et bien préparée. Avant de se lancer, mieux vaut prendre le temps de réfléchir au montage et, si besoin, se faire accompagner.

Pour pouvoir laisser un commentaire, vous devez Vous connecter avec votre compte