Vagues de chaleur plus fréquentes, sécheresses, pluies intenses, submersions marines…Le changement climatique ne touchera pas la France de manière uniforme. Selon l’ADEME (Agence de la transition écologique), les risques climatiques à l’horizon 2050 seront radicalement différents entre le Nord, le Sud et le littoral.
Et cette diversité climatique impose une évidence, on ne construira plus partout pareil.
Pourquoi le climat bouleverse les choix des matériaux
Le dernier rapport de l’ADEME sur l’adaptation des bâtiments établit le constat climatique futur suivant :
- Les vagues de chaleur vont fortement s’intensifier : jusqu’à 65 % du parc bâti pourrait exposé à un risque très important d’ici 2050.
- Les sécheresses et le RGA (retrait-gonflement des argiles) progresseront nettement, touchant jusqu’à 47 % du parc.
- Les précipitations intenses et les inondations augmenteront surtout dans le Nord, le Nord-Ouest et le Grand Est.
- L’ensemble des littoraux sera exposé à un risque très important de submersion marine à l’horizon 2050.
Un choix de matériaux adaptés à ces nouvelles conditions s’imposent selon les régions et leurs problématiques climatiques.
1 - Le Sud (Sud-Ouest, Provence, Occitanie) : innover avec l’inertie des matériaux traditionnels
Le Sud va affronter des chaleurs extrêmes cumulées, une exposition forte au soleil, des sécheresses longues et des risques accrus de fissures liées aux argiles.
Les matériaux les plus adaptés sont ceux capables de stocker la fraicheur, de résister aux choc thermiques et de supporter les sols mouvants.
La pierre naturelle : la championne de la fraîcheur
Matériau emblématique de la Provence, du pays Basque et des maisons occitanes, elle possède une inertie exceptionnelle. Elle protège de la chaleur au coeur de l’été, régule la température et résiste à la sécheresse et aux variations thermiques.
La brique de terre cuite : idéale pour les écarts jour/nuit
Très utilisé à Toulouse et dans tout le Sud-Ouest, elle garde la fraîcheur, stocke la chaleur la journée et la libère la nuit et supporte très bien les variations climatiques
La terre crue : un matériau d’avenir qui vient du passé
Déjà présente traditionnellement dans le Sud et le Rhône-Alpes, la terre crue offre une inertie thermique exceptionnelle, un impact carbone très faible et une bonne tolérance aux mouvements du sol
Le bois : souple, renouvelable, performant
Le bois s’adapte bien aux régions à forts risques RGA car il est plus souple qu’un mur minéral, absorbe les microdéformations et offre un excellent confort d’été avec une isolation adaptée.
Les tuiles canal : le toit conçu pour le soleil
Leur forme incurvée crée un coussin d’air qui ventile naturellement la toiture, évitant la surchauffe.
2 - Le Nord (Bretagne, Normandie, Hauts de France) : lutter contre l’humidité, le vent et les pluies intenses
Dans ces régions, les défis principaux sont le vent, le froid, la salinité, une forte hygrométrie, des pluies régulières et des risques d’inondation. Les matériaux doivent être robustes et très protecteur.
Le granite, schiste : solide et étanches
Ces pierres bretonnes et normandes résistent à l’humidité et aux embruns, supportent parfaitement les chocs climatiques et évitent les infiltrations dans les murs.
L’ardoise : le toit taillé pour les tempêtes
Avec sa légèreté et sa faible prise au vent, l’ardoise est idéale pour les pluies battantes, les vents violents et les toitures à forte pente qui facilitent l’écoulement rapide de l’eau.
La brique nordique : isolation et durabilité
Utilisée dans les Hauts-de-France, elle réside très bien à l’humidité, offre une bonne isolation pour un climat plus froid et limite les risques de moisissures.
La bardage bois : protecteur et respirant
Parfait pour les côtes exposées, il laisse respirer les murs, protège du vent et fonctionne très bien sur des constructions en ossature bois ou mixte.
3 - Littoraux français : matériaux résistants au sel et aux submersions
Que l’on soit en Bretagne, en Vendée ou en Méditerranée, les matériaux doivent encaisser le sel, les infiltrations, l’érosion côtière et les tempêtes régulières.
Les matériaux adaptés à ces régions sont les pierres calcaires ou granitiques, les tuiles en terre cuite ou ardoise, les enduits à la chaux et les structures surélevées ou pilotis dans les zones à risques.
Chaque matériau répond à un besoin climatique spécifique. Le changement climatique accélère ce que les bâtisseurs savaient depuis toujours : on construit mieux quand on construit avec le climat.
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