Peut-on légalement interdire les locations Airbnb en copropriété ?

Interdiction de location Airbnb en copropriété : que disent vraiment la loi et la Constitution ?
Peut-on légalement interdire les locations Airbnb en copropriété ?
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La multiplication des locations Airbnb dans les immeubles collectifs peuvent susciter divers contentieux et tensions. Entre bruit, rotation permanente des occupants et sécurité, les sujets de conflits entre copropriétaires se multiplient. Mais une question juridique centrale émerge : interdire des locations Airbnb en copropriété est-il possible légalement ? Autrement dit, une assemblée générale peut-elle limiter le droit d’un propriétaire à louer son bien ? En 2026, le débat est plus encadré qu’il n’y paraît. Découvrez-en plus à ce sujet dans notre article !

Que faut-il savoir sur le droit de propriété ?

En France, le droit de propriété est protégé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il constitue un principe à valeur constitutionnelle, c’est-à-dire qu’en théorie, chaque propriétaire est libre de disposer de son bien, donc de le louer, y compris en location Airbnb.

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Cependant, gardez à l’esprit que ce droit n’est pas absolu. Il peut être limité pour des motifs d’intérêt général, notamment pour préserver la tranquillité publique ou garantir l’équilibre du logement dans certaines zones tendues. C’est sur cette base que la loi Airbnb s’est progressivement durcie.

Ainsi, affirmer qu’une interdiction Airbnb en copropriété existe serait automatiquement anticonstitutionnelle est juridiquement inexact. Tout dépend du cadre légal et du respect du principe de proportionnalité.

Une copropriété peut-elle interdire la location Airbnb ?

Pour répondre à la grande question “Une copropriété peut-elle interdire la location Airbnb ?”, sachez que la réponse dépend principalement du règlement de copropriété.

Si le règlement prévoit une destination exclusivement « bourgeoise d’habitation », les tribunaux ont parfois considéré que la location meublée touristique pouvait être assimilée à une activité commerciale incompatible avec cette destination. La jurisprudence relative à Airbnb en copropriété montre que chaque situation est appréciée au regard de la rédaction précise du règlement.

En revanche, si le règlement autorise explicitement les activités commerciales ou libérales, l’interdiction devient plus difficile à justifier. C’est dans ces cas que la distinction entre usage d’habitation et activité para-hôtelière reste au cœur des litiges.

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Quelles sont les informations à retenir au sujet de la majorité requise pour voter une interdiction ?

Autre point clé à garder en tête : la majorité est nécessaire pour adopter une interdiction de Airbnb en copropriété par l’assemblée générale. Modifier le règlement de copropriété implique en effet l’unanimité des copropriétaires, car cela touche à la destination de l’immeuble et aux droits fondamentaux attachés à chaque lot.

En pratique, cette exigence d’unanimité constitue un verrou protecteur. Elle évite qu’une minorité impose une restriction excessive du droit de procéder à une location d'Airbnb. Néanmoins, gardez à l’esprit qu’il est nécessaire de distinguer une modification réelle de la destination de l’immeuble d’une simple clarification d’usage. Certaines décisions peuvent relever d’une majorité renforcée (article 26 de la loi de 1965) plutôt que de l’unanimité, notamment lorsque l’assemblée ne fait qu’encadrer une activité déjà contestable au regard du règlement.

Les récentes évolutions de la loi Airbnb ont justement cherché à préciser cette frontière. Lorsque la location meublée touristique est considérée comme incompatible avec une clause d’habitation bourgeoise exclusive, une interdiction d’Airbnb en copropriété peut parfois être votée sans qu’il soit nécessaire de modifier formellement la destination de l’immeuble.

Une décision adoptée à une majorité insuffisante reste toutefois fragile. Elle peut être contestée devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois, ce qui expose la copropriété à une annulation. La validité du vote repose donc autant sur la procédure que sur le fond.

Quelle est la loi anti-Airbnb en 2026 ?

Notez qu’il n’existe pas qu’une seule et unique loi Airbnb, mais un ensemble de textes qui encadrent strictement la location Airbnb en France. En 2026, le régime juridique repose principalement sur le Code du tourisme, le Code de la construction et de l’habitation, ainsi que sur des lois récentes renforçant les pouvoirs des communes.

Dans les zones dites “tendues”, les propriétaires doivent déclarer leur meublé touristique en mairie et obtenir un numéro d’enregistrement. Pour les résidences principales, la location est limitée à 120 jours par an. Au-delà de ce délai, une autorisation de changement d’usage peut être exigée. Pour les résidences secondaires, les règles sont encore plus strictes, avec parfois une obligation de compensation (transformer un local commercial en logement).

La récente loi Le Meur a d’ailleurs consolidé ces dispositifs. Elle permet notamment aux collectivités locales de mieux contrôler l’offre de meublés touristiques et d’infliger des amendes en cas de non-respect des règles établies. L’objectif de ces lois est finalement clair : préserver l’équilibre entre location de courte durée et logement permanent.

Quel est le rôle du Conseil constitutionnel dans les locations Airbnb ?

Face aux critiques de certains propriétaires invoquant une atteinte excessive au droit de propriété, le Conseil constitutionnel a été saisi à plusieurs reprises. Sa position est constante : le droit de propriété est protégé, mais il peut être limité pour des raisons d’intérêt général, notamment pour lutter contre la pénurie de logements ou préserver la tranquillité publique.

Les restrictions imposées aux locations Airbnb sont ainsi jugées conformes à la Constitution dès lors qu’elles sont proportionnées. Plus concrètement, cela signifie que le législateur peut encadrer l’activité sans la supprimer totalement. Une interdiction générale et absolue, sans justification locale ou sans possibilité d’adaptation, pourrait en revanche être censurée.

Cette jurisprudence apporte ainsi une clé de lecture importante : l’interdiction d'Airbnb n’est pas illégale en soi. Elle doit simplement respecter un équilibre entre liberté individuelle et intérêt collectif.

Qu’en est-il des nuisances, des troubles anormaux de voisinage et de la responsabilité du propriétaire ?

Au-delà des textes, les conflits naissent souvent de situations concrètes, qui peuvent être le résultat d’une rotation fréquente des occupants, de bruit nocturne ou encore de dégradations des parties communes. Dans ce contexte, la notion de trouble anormal de voisinage joue un rôle majeur.

Retenez qu’un copropriétaire exploitant un logement en location Airbnb reste responsable des comportements de ses locataires. Si les nuisances sont répétées et caractérisées, la copropriété peut agir en justice, même en l’absence d’interdiction formelle.

Cette voie contentieuse constitue un levier efficace lorsqu’aucune interdiction globale d’Airbnb en copropriété n’a été adoptée. Elle permet de sanctionner les abus sans remettre en cause le principe même de la location meublée touristique.

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En bref : quelles sont les informations essentielles à retenir sur les locations Airbnb en copropriété ?

Vous l’aurez compris, proposer sa location en copropriété sur Airbnb nécessite de respecter le règlement de l’immeuble, les obligations légales et locales, et de limiter les nuisances pour les voisins. Une interdiction d'Airbnb doit être votée dans les règles, auquel cas, elle peut être contestée. Le Conseil constitutionnel valide ces encadrements lorsqu’ils sont proportionnés, et la vigilance des copropriétaires reste essentielle pour concilier droit de propriété, tranquillité et activité touristique dans l’immeuble.

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