La BCE relève ses taux d’intérêt à 2,5 % : quel impact sur l’immobilier en France ?

La hausse des taux de la BCE pourrait rendre les nouveaux crédits immobiliers plus chers et réduire la capacité d’emprunt des acheteurs français. Ses effets dépendront des banques et des dossiers. Les prêts à taux fixe déjà signés conservent leur taux.
La BCE relève ses taux d’intérêt à 2,5 % : quel impact sur l’immobilier en France ?
Christine Lagarde, presidenta del BCE / BCE

La réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’est conclue sans surprise et a officialisé une nouvelle hausse des taux d’intérêt dans la zone euro, la deuxième depuis juin dernier.

Comme les marchés s’y attendaient, le taux de dépôt de la BCE augmentera de 0,25 point pour atteindre 2,5 % à compter du 16 septembre, dans un contexte d’incertitude croissante liée à la guerre au Moyen-Orient et d’accélération de l’inflation. Les analystes tenaient pour acquise cette nouvelle augmentation du taux directeur et n’excluent pas de nouvelles hausses dans les prochains mois.

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La décision du « gardien de l’euro » pourrait également peser sur le marché immobilier français, en rendant les nouveaux crédits plus coûteux. Sa répercussion dépendra toutefois des conditions de financement et de la politique commerciale de chaque banque, avec des conséquences différentes pour les futurs acheteurs et les propriétaires qui remboursent déjà un prêt à taux fixe.

Des crédits immobiliers plus chers et moins accessibles

Cette nouvelle hausse des taux d’intérêt dans la zone euro pourrait renchérir les nouveaux crédits immobiliers et freiner la demande de prêts pour financer l’achat d’un logement.

Comme l’explique Juan Villén, directeur général d’idealista/hipotecas, interrogé par idealista/news, « la BCE a suivi le scénario prévu, en relevant ses taux comme seule voie possible pour tenter de maîtriser une inflation qui semble plus élevée et plus persistante qu’attendu. L’Euribor comme les taux à long terme anticipent depuis plusieurs semaines cette hausse, et même une autre. Mais il ne serait pas surprenant que les banques profitent de cette décision pour revoir leurs offres de crédit immobilier à la hausse ».

L’inflation a atteint 3,3 % dans la zone euro en août, son plus haut niveau depuis trois ans. Villén rappelle qu’il reste à voir si elle « parvient à ralentir ou si, au contraire, les pressions sur l’énergie et les chaînes d’approvisionnement continuent de peser davantage que l’atonie économique des grandes puissances européennes. Cela pourrait entraîner une poursuite de la hausse des taux dans les prochains mois. Ce serait, sans aucun doute, une mauvaise nouvelle pour les consommateurs ».

En France, une hausse déjà partiellement intégrée par les banques

La décision de la BCE était largement anticipée par les établissements français. Selon Vousfinancer, la plupart avaient déjà relevé leurs taux de crédit de 0,10 à 0,20 point début septembre. Une hausse des taux directeurs ne se traduit donc pas automatiquement par une augmentation équivalente des taux immobiliers.

Les banques doivent également composer avec la remontée du taux d’emprunt de l’État français à dix ans, qui dépasse 4,30 %, indique le courtier Vousfinancer.

« Dans ce contexte, il faut malheureusement s’attendre à d’autres remontées de taux de crédit dans les prochaines semaines… avec des effets à attendre sur la capacité d’emprunt des ménages », explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Le courtier fait état de taux moyens de 3,40 % sur quinze ans, 3,50 % sur vingt ans et 3,60 % sur vingt-cinq ans. Les meilleurs dossiers peuvent obtenir des conditions plus avantageuses, proches de 3,10 % sur vingt ans et de 3,25 % sur vingt-cinq ans.

Une capacité d’achat qui pourrait diminuer

Pour les futurs acheteurs, à montant emprunté et durée identiques, un crédit plus cher signifie une mensualité plus élevée. À mensualité et durée constantes, le montant empruntable diminue, ce qui peut conduire à revoir le budget du projet.

Les conditions proposées continuent toutefois de varier selon les établissements et les dossiers. Vousfinancer souligne que la plupart des banques affichent encore une volonté de prêter.

Les propriétaires qui remboursent déjà un crédit à taux fixe conservent, quant à eux, le taux prévu dans leur contrat : la décision de la BCE ne modifie pas les mensualités de remboursement de leur prêt.

De nouvelles hausses de taux en perspective ?

La majorité des experts interrogés par idealista/news soutient la décision de la BCE de relever ses taux d’intérêt, puisqu’elle cherche ainsi à atteindre son principal objectif : maintenir la stabilité des prix dans la zone euro et ramener l’inflation autour de 2 %.

Les avis divergent toutefois sur la nécessité de poursuivre les hausses dans les prochains mois. Certains économistes estiment qu’un nouveau durcissement pourrait être nécessaire si l’inflation reste élevée. D’autres soulignent qu’une hausse des taux risque de freiner l’activité sans résoudre directement les tensions sur les approvisionnements énergétiques.

Les prochains mouvements demeurent donc incertains. Pour le marché immobilier français, leur effet dépendra aussi de l’évolution des taux à long terme et de la concurrence entre les établissements prêteurs.

Les nouvelles prévisions économiques de la BCE

Lors de cette réunion, l’institution présidée par Christine Lagarde a actualisé ses prévisions économiques et d’inflation pour les prochaines années. Dans son communiqué du 10 septembre, la BCE explique : « Le conflit au Moyen-Orient continue de générer des tensions sur l’inflation, qui devrait rester largement supérieure à l’objectif pendant une période prolongée. »

Les économistes de la BCE prévoient une inflation globale moyenne de 3 % en 2026, de 2,5 % en 2027 et de 2,1 % en 2028. L’inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, atteindrait 2,5 % en 2026, 2,6 % en 2027 et 2,3 % en 2028.

Par rapport à juin, la projection de référence pour l’inflation en 2026 reste inchangée, mais celles de 2027 et de 2028 ont été révisées à la hausse.

Concernant la croissance économique, la BCE prévoit une progression du PIB de la zone euro de 0,9 % cette année, de 1,4 % en 2027 et de 1,5 % en 2028.

« Les taux ont été revus à la hausse pour 2026 et 2027, principalement en raison de la capacité de résistance plus forte que prévu de l’économie de la zone euro », précise la BCE. Elle ajoute : « Les perspectives demeurent hautement incertaines et comportent des risques orientés à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance économique ».

Le calendrier des prochaines réunions de la BCE

Le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunit environ toutes les six semaines pour décider de sa politique monétaire. Voici les dates inscrites au calendrier officiel auxquelles il annoncera ses décisions :

  • 29 octobre 2026
  • 17 décembre 2026
  • 4 février 2027
  • 18 mars 2027
  • 29 avril 2027
  • 10 juin 2027
  • 22 juillet 2027
  • 9 septembre 2027
  • 28 octobre 2027
  • 16 décembre 2027


 

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