Rédiger une annonce, préparer un mail ou résumer un document avec l’intelligence artificielle est déjà devenu presque banal. Mais une nouvelle étape commence à émerger dans l’immobilier : l’IA agentique. Contrairement à une IA classique, qui répond à une demande précise, un agent IA peut recevoir une mission, déterminer les différentes étapes nécessaires et exécuter plusieurs actions pour atteindre l’objectif. Une évolution qui pourrait profondément changer le quotidien des professionnels.
Les limites de l’IA générative
Depuis l’arrivée de ChatGPT, les agents immobiliers se sont progressivement familiarisés avec l’intelligence artificielle générative. Elle permet de produire un texte, préparer une annonce, répondre à un mail, résumer un document ou encore créer du contenu.
Mais elle reste essentiellement fondée sur une logique de question-réponse : le professionnel demande quelque chose, l’IA répond, puis il doit décider lui-même de l’étape suivante.
Avec l’IA agentique, la logique change.
De l’IA qui répond à l’IA qui agit
L’IA agentique ne se contente plus de produire une réponse. Elle peut recevoir un objectif et enchaîner plusieurs opérations pour l’atteindre.
Pour une estimation immobilière, par exemple, l’agent pourrait simplement demander : « combien vaut ce bien ? »
Le système pourrait alors rechercher les ventes comparables, récupérer certaines informations sur le logement, consulter des données relatives à sa performance énergétique ou aux risques, puis préparer une première synthèse.
Le professionnel n’aurait donc plus nécessairement à naviguer entre plusieurs logiciels ou bases de données.
Septeo prépare son hub agentique
Le groupe travaille au développement d’un hub agentique destiné à connecter ses différentes solutions et à rechercher les informations nécessaires en fonction de la mission formulée par le professionnel.
Cette évolution s’appuie sur un ensemble de solutions couvrant déjà une grande partie du parcours immobilier : estimation et avis de valeur, rédaction et signature des mandats, création et multidiffusion des annonces, captation de prospects, relation client ou encore centralisation des informations.
« Parler d’intelligence artificielle, c’est déjà has been »
Pour Jesus Diaz, directeur général de Septeo PropTech, cette évolution marque une rupture avec la première génération d’outils.
« On n’est pas dans l’intelligence artificielle, mais dans l’agentique », expliquait-il cet été au micro de MySweetImmo, allant jusqu’à considérer que parler simplement d’intelligence artificielle est déjà « has been ».
Des « intelligences métiers » plutôt que des logiciels
La transformation pourrait aller jusqu’à modifier la manière même dont les agents utilisent leurs logiciels.
Aujourd’hui, le professionnel doit savoir quel outil ouvrir et où trouver l’information dont il a besoin.
Demain, il pourrait simplement exprimer son objectif.
Guillaume Girard, directeur du développement stratégique de Septeo PropTech, estime ainsi que les agents immobiliers vont progressivement apprendre à manager des « intelligences métiers ».
L’agent immobilier ne serait donc plus seulement utilisateur d’un logiciel. Il deviendrait en quelque sorte le pilote de plusieurs assistants numériques spécialisés.
Une première version viable doit être présentée au salon RENT, le rendez-vous parisien consacré aux innovations aux nouvelles technologies dans l’immobilier, organisé les 4 et 5 novembre 2026, avant un déploiement progressif auprès des clients de Septeo d’ici à la fin de l’année.
Plus d’IA, mais davantage de temps pour l’humain ?
Cette évolution pourrait automatiser une partie importante du travail répétitif : recherche d’informations, préparation de dossiers ou encore, selon les outils qui seront déployés, saisie dans le CRM, qualification initiale des prospects et certaines relances.
Pour Septeo, le but est précisément de libérer les professionnels de ces tâches afin qu’ils consacrent davantage de temps à leurs clients. Jesus Diaz estime ainsi que « le professionnel de l’immobilier sera beaucoup plus proche de ses clients ».
Le paradoxe pourrait donc être celui-ci : plus les agents numériques prendront en charge les tâches techniques et répétitives, plus les compétences profondément humaines de l’agent immobilier pourraient devenir son véritable avantage concurrentiel.

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