Balcons, terrasses, ces pièces qui ont toujours la cote !

Chaque mètre carré en extérieur reste un argument de vente de poids.
Diagnostics, plans de travaux et fonds deviennent incontournables : les copropriétés n’ont plus le choix, il faut rénover
Jeanne Menjoulet from Paris Wikimedia commons

Une terrasse, en pleine ville, vue imprenable sur la butte de Montmartre. Élodie ne s’en lasse pas. “Quand il fait beau, j’invite des amis et on refait le monde avec une vue imprenable sur le Sacré-Cœur”, explique la trentenaire. Une table de camping, une chaise longue viennent décorer l’endroit. “J’adore rester ici le week-end pour lire quand il y a quelques rayons de soleil. Malgré le bruit, le décor est tellement superbe”, s'enthousiasme cette Parisienne pur sucre. Pour preuve, son compte Instagram regorge de photo de ce “petit coin de paradis” comme elle aime décrire l’endroit.

Depuis la pandémie, chaque mètre carré extérieur est devenu un trésor. Les Français redoublent d’imagination pour transformer leurs balcons en salons d’été, cuisines improvisées ou mini potagers urbains. Il suffit d’assister à une visite immobilière pour s’en convaincre : la question de l’extérieur arrive désormais avant celle de la cuisine ou de la salle de bains. « Et le balcon, il fait combien ? », demande systématiquement l’acheteur. En 2025, le petit bout de terrasse est devenu un argument de vente majeur. D’après une étude Casavo et plusieurs sondages Qualitel-Ipsos, 59 % à 69 % des Français jugent aujourd’hui un espace extérieur essentiel dans le choix d’un logement. Dans les grandes métropoles, disposer d’une terrasse ou d’un balcon est presque devenu un privilège.

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Consacré par le confinement

Terrasses et balcons sont devenus des stars lors de la pandémie de Covid-19. Coincés chez eux pendant des semaines, les Français ont redécouvert l’importance d’un mètre carré sous le ciel. “Après les galères du confinement, je n’avais qu’un objectif : prendre l’air à tout prix”, indique Noémie. La Stéphanoise, 28 ans, a quitté rapidement son logement en centre ville pour s’installer dans un appartement avec un grand balcon, 6 mètres carrés selon le cadastre local et vu imprenable sur un parc rempli d’arbre. “L’été, le vent vient donner de l’air frais sur la terrasse. C’est très agréable surtout avec la multiplication des canicules”

Passée la pandémie, l’effet ne s’est pas estompé : la terrasse est devenue synonyme de qualité de vie. Selon Casavo et MeilleursAgents, à Paris et en Île-de-France, un balcon ajoute en moyenne 6 à 12 % de valeur au mètre carré, selon la localisation et l’exposition. À Lyon ou Nantes, la surcote atteint environ 7 à 8 % ; dans la région PACA et sur les plus grandes terrasses, elle peut dépasser 12 %, voire 15 % pour certains biens bien exposés. Dans certains cas, une terrasse de 10 m² peut être valorisée entre 24 000 € et 40 000 €, peu importe le quartier.

La tendance touche aussi les villes moyennes. À Nantes ou Bordeaux, les biens dotés d’une terrasse ou d’un balcon bénéficient d’une valorisation et se vendent en moyenne plus vite, parfois avec une rotation de stock deux fois supérieure aux biens sans extérieurs, selon les professionnels. À Marseille, une famille a transformé son balcon en serre de fortune. À Lille, une télétravailleuse a installé son bureau sur 3 m², avec parasol et tablette réglable. À Paris, un couple a créé une « salle de sport miniature » avec vélo pliant et élastiques de fitness.

Les enseignes ont flairé la tendance : Leroy Merlin propose des gammes de micro-mobilier pliant pour balcons citadins, Ikea des jardinières verticales modulables, Vinted voit s’échanger tables bistrot et plantes XXL en quelques minutes. Au-delà de la déco, le balcon est devenu une scène sociale. On y prend l’apéro avec les voisins, on y fait du yoga, certains télétravaillent casque sur les oreilles. À Paris, le déficit d’espaces verts persiste : on compte moins de 6 m² d’espace vert par habitant, contre près de 40 m² à Londres par exemple. Le balcon compense ce manque urbain, devenant à la fois refuge, vitrine et lieu de convivialité.

Quand le marché s’emballe

La demande est telle que les promoteurs adaptent leurs plans. Fini les balcons « symboliques » d’un mètre de profondeur : on privilégie désormais 2 ou 3 m, assez pour une table et deux chaises. Selon l’étude Qualitel, dans les programmes neufs, près de 80 % des appartements disposent d’un espace extérieur, contre environ 55 % il y a dix ans. Les professionnels préviennent : dans un marché tendu, le balcon fait la différence. À Marseille, certains acheteurs préfèrent renoncer à une chambre pour obtenir dix mètres carrés de terrasse.

Le balcon est donc devenu un espace de liberté. Cinq ans après les confinements, les Français n’ont pas oublié la valeur d’un mètre carré sous le ciel et parfois même le soleil. Dans un pays urbain où l’espace se fait rare, il est devenu le luxe absolu, celui qu’on mesure désormais en qualité de vie.

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