Décoration : le grand retour du kitsch ?

En 2025, la déco s’emballe : couleurs pop, velours et bibelots fous. Après le zen, place aux nouvelles tendances kitsch.
En 2025, la déco s’emballe : couleurs pop, velours et bibelots fous. Après le zen, place aux nouvelles tendances kitsch.
Princess ara Versabal Pexels

“Je n’en pouvais plus des murs blancs type hôpital ou Ehpad”, raconte Marie, maman parisienne de 47 ans. “J’ai opté pour un bleu électrique”, assure-t-elle, malicieuse. Signe des temps qui changent ? Terminée donc l’époque des murs blancs, des bibliothèques bien rangées et des bougies scandinaves parfumées. Bref, du zen, du minimal parfait pour les réseaux sociaux. 

Cette année, c’est une lame de fond qui a surgi. Résultat : les intérieurs se réveillent. Couleurs flashy, meubles qui brillent et bibelots qui racontent des histoires. Comprenez que le kitsch est de retour et qu’il a décidé de ne pas faire dans la demi-mesure. On pensait que le beige allait régner pour l’éternité. Raté ! Cette année, les murs se peignent en vert pistache, orange mandarine ou bleu électrique. Les marques appellent ça la « dopamine déco ». En clair : mettre de la couleur pour se donner le sourire. Vous rentrez du boulot ? Hop ! Une claque visuelle façon fête foraine.

Même le velours semble de retour. Si vous avez gardé le canapé lourd, rond et velouté de votre grand-mère, vous pourriez devenir le grand vainqueur de l’année. Sauf que cette fois-ci, les couleurs ont changé : bleu roi, jaune moutarde ou rouge pompier ont la cote. C’est doux, c’est chic, et ça fait salon de théâtre même dans un studio. Le velours, c’est comme le dessert au chocolat : on n’en a pas forcément besoin… mais une fois qu’on y a goûté, on ne peut plus s’en passer.

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L’armée des bibelots contre-attaque

Pendant dix ans, le crédo était : « Triez, désencombrez, ne gardez que ce qui apporte de la joie ». En 2025, on ressort la boule à neige de sa station de ski préférée, la petite grenouille en céramique, la lampe kitsch en forme d’ananas. Ça ne sert à rien ? Justement. La déco redevient “bavarde”. L’avantage ? Pas besoin d’un loft XXL pour s’y mettre. Au contraire. Plus le logement est petit, plus l’effet « boîte à surprise » fonctionne. Un miroir baroque coincé au-dessus d’une table en bois, une lampe néon en forme de banane dans un coin de 20 m² : et hop, le studio devient galerie pop. Vous ne gagnez pas en surface, mais en personnalité, c’est indéniable.

Si le kitsch refait surface, c’est aussi parce que les intérieurs minimalistes se ressemblaient tous. Pour preuve, le nombre de comptes sur les réseaux sociaux avec toujours la même photo. Beige + plante verte + tasse de café fumante… des milliers de posts interchangeables. Sur l'un d'entre eux, les vidéos de métamorphoses déco explosent : en dix secondes, un salon blanc devient jungle tropicale ou boîte de nuit disco. Le kitsch fait des vues, et ce qui fait des vues finit toujours par s’inviter chez nous. Mais pas question pour autant de ressortir la moquette murale marron. Le kitsch version 2025 est travaillé. On ose le mélange : tapis psychédélique + table design, vase canard + bibliothèque en verre. C’est l’art du « mauvais goût avec du goût ». Après quelques années d’actualité grise et de télétravail en pyjama, les gens veulent de la couleur, de la légèreté. Un appartement joyeux vaut parfois mieux qu’une séance de psy. Et les chiffres suivent : les annonces immobilières mentionnant « mur turquoise » ou « déco rétro » suscitent des clics record. Le kitsch, c’est vendeur.

Un phénomène culturel autant que décoratif

Ce grand retour n’a rien d’anodin : il traduit aussi une envie d’évasion et d’optimisme. Le kitsch rassure parce qu’il évoque des souvenirs joyeux, des vacances en famille, l’enfance devant un dessin animé ou un film disco. Les enseignes surfent sur la vague : Ikea ressort ses lampes boule colorées, Maisons du Monde empile les clins d’œil rétro et Zara Home ose les imprimés panthère. La pop culture alimente la tendance, des boules à facettes façon années 80 aux posters fluorescents des années 90. Résultat : nos intérieurs deviennent des mini-spectacles, des décors où chaque objet raconte une histoire. Et plus c’est décalé, plus ça plaît.

La déco arrête donc de se prendre au sérieux. On repeint, on surcharge, on collectionne. On se fabrique un intérieur qui fait sourire, quitte à faire lever les yeux au ciel à belle-maman. Le minimalisme ? Il reviendra bien un jour. En attendant, sortez le canapé fuchsia.

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