Chiens et chats : les nouveaux propriétaires invisibles

Et si, en 2025, ce n’étaient plus les enfants, mais les animaux de compagnie qui faisaient la loi sur le marché immobilier ?
Et si, en 2025, ce n’étaient plus les enfants, mais les animaux de compagnie qui faisaient la loi sur le marché immobilier ?
Valentin Cvetanoski Pexels

Les animaux font-ils la loi ? Du moins dans le secteur immobiliers. Les chiffres sont énormes : La France compte près de 79 millions d’animaux de compagnie, tous types confondus. Chats et chiens restent les vedettes : 16,6 millions de chats et 9,9 millions de chiens, selon les derniers chiffres Kantar-FACCO. Plus de 61 % des Français vivent avec un animal, et 53 % possèdent un chien ou un chat : ce n’est plus une mode, mais une lame de fond sociale. Résultat : la demande immobilière évolue. La puissance économique du secteur est très forte : plus de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avec une croissance annuelle moyenne de 5 % depuis 2020.

Les Français adaptent leur logement à leur mode de vie animal

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45 % des acheteurs et locataires reconnaissent avoir inclus dans leurs choix immobiliers le confort de leur compagnon à quatre pattes. Près d’un Français sur deux privilégie un extérieur, terrasse ou jardin avant d’accepter une visite. 49 % envisagent des travaux pour offrir plus de bien-être à leur animal — du balcon sécurisé pour chats au portail automatique pour chiens. La copropriété s’organise : création de zones canines, ascenseurs « dog friendly », horaires de promenade négociés collectivement.

La répartition urbaine confirme l’influence des animaux sur l’habitat. Les chiens dominent dans les maisons (notamment chez les moins de 35 ans), tandis que les chats s’imposent dans les appartements des jeunes actifs et urbains (préférence chez les 30–50 ans). Résultat : les secteurs où les animaux sont facilement acceptés ou valorisés voient une hausse moyenne de 10 à 15 % des loyers, selon Logic-Immo et la Fnaim.

Des budgets et des services à la hausse

Au-delà des murs, le budget alloué à la vie animale explose : en moyenne, chaque propriétaire consacre entre 1 200 et 1 500 € par an à son animal. L’alimentation représente 400 à 800 €, auxquels s’ajoutent soins, accessoires, gadgets “smart” et domotique. Les grandes marques de pet-food — Mars, Nestlé — rivalisent sur les gammes biologiques, tandis que les enseignes spécialisées et les startups de la “pet-tech” dynamisent encore le marché.

L’assurance habitation suit : 8 % de croissance annuelle pour les polices intégrant la responsabilité civile liée à l’animal et la couverture des dégâts (rayures, portes abîmées, accidents dans les parties communes). Le phénomène n’est cependant pas sans tensions. En zone urbaine tendue, vivre avec un animal devient un réel défi : refus des chiens de grande taille, surcote pour les appartements « pet friendly », durcissement des conditions d’assurance. 16 % des habitants affirment avoir déjà renoncé à un bien immobilier à cause de leur animal de compagnie. Les copropriétés, quant à elles, tentent de réguler la cohabitation via des modifications de règlements intérieurs : espaces verts partagés, zonings, normes d’hygiène. Dans le périurbain et à la campagne, c’est l’inverse : « plus on a d’animaux, plus on valorise le bien », estime l’étude Xerfi. Ce sont donc les animaux, et donc désormais leur présence dans le foyer, qui dictent la mobilité résidentielle et les prix, remodelant l’offre commerciale au passage.

Une mutation sociale profonde

Le marché immobilier n’a d’autre choix que de suivre : 90 % des propriétaires considèrent leur animal comme un membre à part entière de la famille, et 97 % déclarent un attachement profond (Ipsos). La digitalisation du secteur animalier accélère la tendance : 38 % des appartements neufs sont équipés d’aménagements prévus pour les animaux, 62 % des propriétaires de chiens souhaitent pouvoir emmener leur compagnon sur leur lieu de travail, et la mode “dog friendly” gagne bars, hôtels et commerces. 

Le bio, le made in France et l’écologie percent aussi dans le segment animalier, faisant du choix du logement un acte qui revêt une dimension éthique autant qu’affective. Ces chiffres florissants et cette influence sur le secteur immobilier français ne font plus de doute : chiens et chats réécrivent les stratégies des agences et promoteurs

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