Bornes de recharge : les copropriétés passent à l’action

Aides, droit à la prise et valorisation : la recharge électrique s’impose enfin dans les immeubles.
Aides, droit à la prise et valorisation : la recharge électrique s’impose enfin dans les immeubles.
smart-me AG Pexels

C’est une tendance devenue évidence. La recharge électrique n’est plus une option. Porté par la hausse des ventes de véhicules zéro émission (+47% sur un an selon Avere-France), le marché résidentiel s’adapte à grande vitesse. Installer une borne dans les copropriétés est désormais un enjeu central, soutenu par les pouvoirs publics à travers le programme Advenir, qui finance jusqu’à 50% du coût des équipements. Résultat : environ 260 000 à 270 000 points de recharge privés étaient recensés en France début 2025, contre 190 000 un an plus tôt selon Enedis. Et la dynamique s’accélère : d’ici cinq ans, l’État vise le cap du million d’installations à domicile, principalement dans les immeubles collectifs. Syndics et propriétaires ne tergiversent plus : chacun passe à l’action.

Un “droit à la prise” incontournable

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La loi de 2011 a marqué un tournant. Copropriétaire ou locataire peuvent désormais demander à équiper leur place de stationnement. Le “droit à la prise” est simple : chaque occupant peut installer une borne individuelle reliée à son propre compteur électrique, sans refus possible de la copropriété sauf motif sérieux. C’est ce que prévoit le code de la construction. Un bémol : les délais. Entre la demande et la pose, la procédure peut durer jusqu’à trois mois. En 2025, les coûts moyens varient entre 1 200 € et 2 000 € TTC pour une borne individuelle, et de 3 000 € à 6 000 € pour une installation collective mutualisée, selon Avere-France.

Bonne nouvelle : le montant bénéficie d’un soutien public. Le programme Advenir finance jusqu’à 960 € par borne individuelle et 50% du coût d’infrastructure pour les copropriétés, dans la limite de 8 000 € par projet. Les opérateurs spécialisés — Zeplug, Bump, TotalEnergies ou ChargeGuru — proposent désormais des solutions “clé en main” avec abonnement mensuel incluant maintenance et supervision. Ces offres séduisent un nombre croissant de copropriétés, notamment en Île-de-France, où selon les projections de l’État, plus d’un tiers des parkings collectifs pourraient être pré-équipés d’ici 2026.

Recharge partagée = valeur ajoutée immobilière

Au-delà du confort d’usage, la borne de recharge devient un véritable atout immobilier. Un parking équipé d’un point de recharge se valorise en moyenne de 3 à 5%, et jusqu’à 8% dans les grandes métropoles selon plusieurs études relayées par la FNAIM. Côté bailleurs, l’équipement contribue aussi à réduire la vacance locative, la demande pour des logements “électro-compatibles” étant en forte hausse. Les projets collectifs se multiplient, soutenus par la réglementation. Depuis 2023, toute construction neuve de plus de dix places doit être pré-équipée pour accueillir des infrastructures de recharge. Dans l’ancien, le plan France 2030 consacre 200 millions d’euros au programme Advenir pour moderniser les parkings existants.

Les syndics s’appuient d’ailleurs sur les diagnostics techniques globaux (DTG) pour inclure la recharge dans le plan pluriannuel de travaux, au même titre que l’isolation ou le ravalement. Les innovations se multiplient : pilotage via smartphone, facturation automatique, recharge différée selon les heures creuses. Ces solutions permettent, selon les opérateurs, de réduire la consommation jusqu’à 25% tout en limitant les pics de demande sur le réseau. La France entre ainsi dans une nouvelle phase : celle du bâtiment électromobile. Pour les copropriétés, anticiper cette mutation devient stratégique, à la fois pour maîtriser les coûts d’énergie et préserver la valeur du patrimoine. 
 

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