Un vrai bol d’air pour le logement social. Après des années de budgets serrés, les crédits d’aides personnalisées au logement (APL) augmentent de 600 millions d’euros. L’idée est de compenser la réduction de loyer de solidarité (RLS) qui ponctionne les organismes HLM. La facture de RLS, qui devait atteindre 1,3 milliard d’euros dans la version initiale du budget, serait finalement limitée à 900 millions en 2026. Elle était de 1,1 milliard en 2025. Pour les bailleurs, la note baisse donc d’environ 400 millions d’euros. Conséquence : plus de moyens pour entretenir leurs immeubles et lancer aussi et surtout de nouveaux projets de logements. Autre bonne nouvelle, le budget renforce aussi les moyens dédiés à la rénovation énergétique du parc social. Ainsi, 100 millions d’euros supplémentaires sont alloués au Freps (Fonds de rénovation énergétique du parc social). En ligne de mire : les logements les plus énergivores. Par ailleurs, le gouvernement prévoit de doubler l’enveloppe de certificats d’économies d’énergie (CEE) à 400 millions d’euros et de renforcer les crédits de l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Objectif : accélérer les travaux dans les quartiers les plus en difficulté.
100 000 logements sociaux par an : un cap encore trop bas ?
Dans ce contexte, l’exécutif et le mouvement HLM visent la construction de 100 000 nouveaux logements sociaux par an. Un seuil qui devrait être atteint en 2025, selon l’Union sociale pour l’habitat (USH). L’an passé, 99 500 “intentions de programmation” – c’est‑à‑dire la première étape avant l’agrément puis la mise en chantier – ont déjà été recensées. Pas assez, selon les professionnels, face à la pression démographique et à l’effondrement des constructions de logements neufs “classiques”. L’USH plaide désormais pour un objectif d’au moins 110 000 logements sociaux par an, pour commencer à résorber le déficit. La situation reste très délicate, puisque les files d’attente continuent de s’allonger : fin juin 2025, près de 2,9 millions de ménages étaient en attente d’un logement social – un record – et le taux de satisfaction annuel reste inférieur à 15%. Même avec 100 000 agréments par an, le système absorbe très lentement ce stock proche de 3 millions de dossiers.
Rénovation énergétique : un effort, oui… mais encore loin du compte
C’est un des piliers du budget 2026 : la rénovation énergétique du parc HLM, cruciale pour les charges et le confort des locataires. Si, officiellement, l’État vise 120 000 rénovations par an pour respecter les trajectoires climat, la réalité est tout autre. En effet, seulement un peu plus de 18 000 logements sociaux ont récemment été rénovés via le Freps. Sans accélération massive, seuls environ 60% du parc social seraient compatibles avec l’objectif national bas carbone à l’horizon 2050, avertit de son côté le Sénat. Les 100 millions d’euros supplémentaires vers le Freps et le renforcement des CEE vont permettre de lancer plus de chantiers. Insuffisant, toutefois, pour changer clairement la donne.
Un bol d’air, pas un choc d’offre
D’un côté, le budget 2026 améliore clairement la situation financière des bailleurs sociaux et la protection des locataires modestes. De l’autre, le coup de pouce semble bien trop limité au regard du volume de ménages en attente et du faible taux de satisfaction. Ce budget ressemble davantage à une stabilisation et à la sécurisation du cap des 100 000 logements sociaux par an qu’à un véritable “choc d’offre” capable de faire reculer rapidement les délais d’attribution dans les zones les plus tendues.
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