Le marché de l’ancien retrouve des couleurs. 2025 a été une bonne année. D’un côté, le nombre de ventes est reparti nettement à la hausse. De l’autre, la baisse des prix a pris fin pour être remplacée par de petites touches d’augmentation. Pas de quoi, pour autant, crier victoire. La reprise reste fragile : « une reprise est bien engagée, mais elle s’opère à bas régime », indiquaient les Notaires de France en janvier. Plusieurs facteurs ne sont pas à négliger : l’évolution des taux d’intérêt, du chômage et des décisions du gouvernement en matière de logement.
2025, l’année du redémarrage
L’an passé, les ventes de logements anciens ont connu un rebond net par rapport à 2024. Les chiffres publiés par les notaires et les professionnels du secteur montrent un volume de transactions en hausse d’environ 10 à 12% sur un an.
Côté prix, la tendance s’est également inversée. Les indices INSEE‑Notaires font apparaître une légère hausse dans l’ancien, les appartements étant un peu plus impactés que les maisons, après plusieurs trimestres de recul. Pour 2026, les Notaires de France anticipent une évolution annuelle des prix des logements anciens de +1,4% pour les appartements et de +0,4% pour les maisons, soit des hausses très modérées à l’échelle du marché.
Taux moyen, chômage, politique : une reprise sous surveillance
Dans cet enchaînement de bonnes nouvelles reste une inconnue de taille : le contexte économique. Dans un premier temps, les taux de crédits immobiliers, qui avaient fortement augmenté après 2022, se sont stabilisés proche de 3% en 2025. Plusieurs scénarios pour 2026 évoquent une légère remontée, avec des taux moyens qui pourraient évoluer autour de 3,1 à 3,4% sur l’année.
Autre point d’inquiétude, les prévisions pour l’emploi. Les temps sont à la prudence. Avec une croissance dite molle, les instituts économiques anticipent un taux de chômage autour de 8% en 2025‑2026, bien supérieur au niveau de 2019. Pour de nombreux ménages, la combinaison de prix encore élevés et de taux plus chers qu’hier réduit leur capacité d’achat. « Le redémarrage est là, mais il demeure fragile et bridé par l’immobilisme politique », selon Loïc Cantin, président de la FNAIM, dans un communiqué. « Le logement a besoin d’un véritable choc de confiance. Sans stabilité et sans vision d’ensemble, les signaux positifs observés ne suffiront pas à enrayer la crise structurelle que traverse le pays. »
Quelles perspectives pour l’ancien en 2026 ?
Pas question de faire grise mine pour autant. Les professionnels du secteur dessinent plusieurs trajectoires possibles. La FNAIM évoque dans un premier temps une reprise « fragile » qui pourrait se prolonger si les taux se stabilisent autour de 3‑3,5% et si l’emploi tient bon. Pour la fédération, il est envisageable que le nombre de ventes de logements anciens continue d’augmenter.
Pour le scénario plus défavorable, avec des taux qui augmentent et un chômage en hausse, la FNAIM met en garde contre un risque de coup d’arrêt. Résultat, dans cette hypothèse, une baisse des volumes vers des niveaux proches de 2024. La reprise de la seconde main serait également impactée. Les prix resteraient globalement stables, avec des baisses possibles dans les zones déjà fragilisées ou sur les biens mal notés sur le plan énergétique, que les propriétaires seraient contraints de négocier davantage.
Troisième et dernier scénario envisageable, le plus favorable : des taux contenus et un cap politique plus clair pourraient faire franchir le cap du million de ventes dans l’ancien. Le tout serait porté par un retour de confiance des ménages et des investisseurs, tout en restant sur des hausses de prix limitées, loin des flambées d’avant 2022.
Si la reprise est bien là, elle reste sous surveillance. Suspendue aux courbes des taux et aux autres indicateurs, elle dépendra moins de l’appétit des acheteurs que de la trajectoire des taux, de la solidité de l’emploi et de la capacité des pouvoirs publics à donner enfin un cap lisible au logement.
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