Une exception à la française ? Une fois de plus, Paris semble faire différemment du reste du pays. Certains quartiers ont effacé plus vite la baisse des années précédentes. Après une longue séquence de recul en Île‑de‑France, les prix s’y stabilisent puis repartent légèrement à la hausse, et Paris affiche désormais de petites hausses dans plusieurs secteurs recherchés. Si la reprise reste mesurée, elle confirme l’attractivité durable de certains endroits, malgré des taux encore élevés et des conditions de crédit plus strictes.
Des prix qui repartent à la hausse
Les prix des appartements anciens à Paris ont augmenté d’environ 1,9% sur un an au troisième trimestre 2025, après une progression beaucoup plus limitée les trimestres précédents. Cette hausse intervient alors que les prix des logements anciens en Île‑de‑France n’augmentent que légèrement, après près de dix trimestres de recul. D’après la note de publiée en janvier 2026 par les Notaires de France, les avant‑contrats indiquent pour le début de l’année une hausse annuelle modérée des prix des appartements anciens, y compris à Paris. En d’autres termes, le temps est à une phase de normalisation plutôt qu’à un nouveau cycle de flambée.
Des quartiers haut de gamme et intermédiaires très recherchés
Néanmoins, cette reprise reste très sélective. Les hausses les plus nettes se concentrent dans les arrondissements centraux et de l’ouest. La clientèle y est souvent aisée et prête à payer cher pour un emplacement de qualité. Mais d’autres quartiers ne sont pas en reste. Les 10e, 11e et 12e arrondissements tirent eux aussi leur épingle du jeu. Leur bon rapport prix/qualité de vie, ainsi que des transports en commun bien implantés, attirent des ménages actifs encore peu désireux de partir dans la petite couronne.
Les 18e, 19e et 20e arrondissements restent, quant à eux, plus accessibles à l’échelle des prix parisiens. La demande y reste importante. Les ventes sont rapides pour les appartements bien placés et bien entretenus.
Une demande solvable face à une offre limitée
Si Paris tient mieux que d’autres marchés, c’est aussi parce qu’une demande solvable reste présente sur les segments les plus recherchés, ce qui limite la baisse et permet même de petites hausses dans certains quartiers. Les notaires et les réseaux observent le retour d’acheteurs disposant d’un apport conséquent – cadres, ménages aisés, investisseurs – qui profitent de taux désormais stabilisés autour de 3%, tandis que les profils plus fragiles restent davantage filtrés par les banques. Beaucoup de ces ménages ont renforcé leur épargne ces dernières années et privilégient soit une résidence principale bien située, soit un placement patrimonial jugé plus sûr que certains produits financiers.
Dans le même temps, l’offre demeure limitée sur les segments les plus recherchés : appartements familiaux, petites surfaces bien situées ou logements avec un bon diagnostic de performance énergétique. Après les baisses consenties entre 2023 et 2024, une partie des vendeurs qui n’est pas pressée de céder préfère désormais maintenir ses prix, profitant du retour d’acheteurs qualifiés. Résultat : dans de nombreux quartiers parisiens, les marges de négociation se réduisent, les délais de vente se normalisent et les prix cessent de reculer, voire remontent légèrement depuis la fin de l’année 2025.
Paris demeure ainsi, au début de 2026, une “exception” sur un marché français qui se contente pour l’instant d’une reprise à bas régime. Tant que cette demande solvable restera concentrée sur quelques arrondissements bien identifiés et que l’offre y restera rare, la capitale continuera de défier la tendance générale au tassement des prix observée ailleurs.
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