Assurance‑vie : les SCI immobilières poussées vers la sortie ?

Ces fonds immobiliers cachés dans les assurances‑vie doivent changer de statut ou disparaître d’ici 2028.
Ces fonds immobiliers cachés dans les assurances‑vie doivent changer de statut ou disparaître d’ici 2028.
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Un sérieux tour de vis. Si les SCI immobilières ne disent rien à beaucoup d’épargnants, elles se cachent pourtant dans de nombreux contrats d’assurance‑vie. Selon le journal Le Monde, le gouvernement veut désormais les pousser à changer de statut ou à sortir progressivement des contrats d’ici 2028, ces produits étant jugés trop complexes et trop peu encadrés pour le grand public.

Pour rappel, une SCI immobilière en assurance‑vie, c’est un fonds qui investit surtout dans des immeubles professionnels via votre contrat. Présentés pendant des années comme une façon simple d’ajouter un peu de pierre à son épargne, ces supports ont connu un vif succès. Oui, mais la crise immobilière est passée par là et a cassé cette dynamique. Le patrimoine global des SCI d’assurance‑vie serait ainsi passé d’un peu plus de 30 milliards d’euros fin 2022 à environ 21 milliards à l’automne 2025, avec plus de 1,6 milliard d’euros de retraits en moins de deux ans, selon Le Monde.

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Pourquoi Bercy change les règles

Ces fonds sont donc devenus une zone grise pour le ministère, l’AMF (Autorité des marchés financiers) et l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Pensés au départ comme des produits pour investisseurs professionnels, ils ont pourtant été massivement distribués via l’assurance‑vie grand public. Avec la crise immobilière, ce décalage inquiète les autorités.

Conséquence : les sociétés de gestion devront, d’ici fin 2026, choisir entre transformer leurs SCI en produits plus encadrés ou accepter de les voir sortir de l’assurance‑vie, comme l’annonce Le Monde. La date butoir serait fixée à 2028 pour adapter leurs portefeuilles, voire plus tard pour certains fonds européens.

Et pour votre assurance‑vie ?

Si le gouvernement assure que la liquidité des contrats doit être garantie par les compagnies d’assurance, en pratique la transition peut se traduire par la fermeture de certains supports, des mouvements d’argent décidés par l’assureur vers le fonds en euros ou vers d’autres placements et une part « immo » qui stagne, voire recule le temps de revendre les immeubles.

En première ligne : ceux qui ont beaucoup misé sur la « pierre‑papier » en assurance‑vie, c’est‑à‑dire les contrats très chargés en SCI, l’épargne destinée à un futur apport ou encore un complément de retraite basé sur ces revenus immobiliers.

Quels nouveaux supports immobiliers ?

L’idée n’est pas de sortir l’immobilier de l’assurance‑vie mais de le canaliser. La partie « brique pierre » passera surtout par des fonds aux règles plus strictes. Contrepartie : ces supports se gardent plus longtemps et supportent mal les allers‑retours rapides. Résultat : il faut accepter de bloquer son argent plusieurs années.

Dans les faits, la première chose à faire est donc d’ouvrir son relevé d’assurance‑vie et de voir quelle part du contrat repose sur des SCI et, plus largement, sur l’immobilier. Si cette « brique pierre » est importante, mieux vaut en parler avec son conseiller pour choisir la suite : accepter de nouveaux fonds immobiliers plus encadrés, réduire la part de pierre‑papier ou réorienter une partie de l’épargne vers d’autres projets. Ce qui se dessine, dans tous les cas, c’est qu’à l’horizon 2028, les SCI auront presque entièrement disparu des assurances‑vie françaises.

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