Marseille : le logement, nerf de la guerre pour les municipales

Les candidats à la mairie de Marseille rivalisent de promesses face à une crise du logement aiguë.
Les candidats à la mairie de Marseille rivalisent de promesses face à une crise du logement aiguë.
Pexels

Dans la cité phocéenne, la tension immobilière reste vive. Les études menées pour les municipales estiment que Marseille devrait produire environ 5 000 nouveaux logements par an pour répondre aux besoins spécifiques identifiés, alors qu’à peine 3 500 logements sont effectivement construits chaque année. Dans l’ancien comme dans le neuf, les prix d’achat restent en moyenne autour de 3 500 à 3 800 €/m² pour l'année 2026 selon les estimations actuelles.

Dans le parc privé, les loyers s’échelonnent entre 16 et 17,5 €/m². Ils sont globalement stables pour les appartements, mais repartent à la hausse pour les maisons. Le parc social constitue 20 % des logements à Marseille (85 000 logements), alors que plus de 52 000 ménages restent en attente d’une attribution. Le mal‑logement est massif, avec une estimation de près de 56 000 logements concernés par des copropriétés en difficulté sur l’ensemble de la métropole.

Publicité

Payan : réguler le marché et traquer l’habitat indigne

Le logement est un « immense chantier » pour le maire sortant, Benoît Payan, candidat de l’union de la gauche. Il fait de la régulation du marché privé sa priorité, en promettant la mise en place de l’encadrement des loyers et un permis de louer durci, avec un contrôle systématique de l’état des logements tous les trois ans. Il veut également créer un « gendarme du logement » municipal, chargé de suivre de près les bailleurs et de combattre les marchands de sommeil.

Sur l’habitat indigne, Benoît Payan veut poursuivre les opérations de requalification des copropriétés dégradées. Il défend également la création de 1 000 places supplémentaires d’hébergement d’urgence, ainsi qu’un durcissement de la lutte contre les meublés touristiques, qu’il décrit comme un « fléau ».

Vassal : faire de Marseille une « ville de propriétaires »

À l’inverse, Martine Vassal (divers droite) met l’accent sur l’accession à la propriété. Elle propose notamment un prêt à taux zéro municipal pour les primo‑accédants et le déploiement du Bail Réel Solidaire (BRS) pour réduire les prix d'achat de 40 %. En matière de logement social, la candidate promet de « favoriser la construction de logements sociaux là où la demande est la plus forte ».

Delogu : construction de masse et réquisitions

Sébastien Delogu, candidat LFI, fait de la construction de logements la colonne vertébrale de son programme. Il propose de lancer la construction de 30 000 logements, dont 70 % de logements sociaux, avec 7 000 à 10 000 logements susceptibles de sortir de terre dès un premier mandat.

La tête de liste de La France insoumise à Marseille veut réquisitionner les logements vacants pour loger les milliers de personnes passées par la rue ces derniers mois. Il promet aussi un gel des loyers pour freiner la hausse et la création d'une « brigade du logement » pour obliger les bailleurs à rénover.

Allisio : sécurité, contrôle et « logements très sociaux »

Une mesure forte et très polémique est portée par Franck Allisio, candidat du Rassemblement national : il propose d’expulser des logements sociaux les délinquants ainsi que leur famille. C’est dans cette même logique d’« ordre » qu’il veut développer des logements « très sociaux » sur un modèle d’« hôtels sociaux » pour sortir les plus démunis de l’indignité, tout en ouvrant la voie à l’accession progressive à la propriété pour certains locataires HLM.

Écologie, planification et réquisitions

Pour Christine Juste (divers écologiste), en plus de l’encadrement des loyers et de la régulation du parc privé, l’objectif est la rénovation énergétique des logements et la lutte contre les passoires thermiques.

De son côté, Erwan Davoux (divers centre) prône l’urgence de construire du logement social « à bas prix et écologique », ainsi que la création d’un Observatoire du logement à Marseille et de règles plus strictes pour les meublés touristiques (durée maximale, taxe de séjour revalorisée).

Enfin, à l’extrême gauche, Coralie Raynaud (Parti des travailleurs) propose de réquisitionner quelque 36 000 logements vacants depuis plus de deux ans pour répondre aux demandes. Tandis que Rémy Bazzali (Lutte ouvrière) défend lui aussi la construction massive de logements sociaux et la dénonciation des profits immobiliers.

Les élections municipales ont lieu les 15 et 22 mars 2026.

Pour pouvoir laisser un commentaire, vous devez Vous connecter avec votre compte