Municipales à Toulouse : les candidats face au logement

Dans un contexte tendu, les candidats s’opposent entre encadrement, choc d’offre public et continuité du tout‑construction.
Dans un contexte tendu, les candidats s’opposent entre encadrement, choc d’offre public et continuité du tout‑construction.
GTRES

Le logement est un thème majeur de campagne à Toulouse. Marché locatif sous pression, baisse de la construction neuve (– 35 % en 2025) : le cocktail apparaît explosif, loin des besoins estimés entre 8 700 et 9 900 logements par an à l’horizon 2030. Dans le parc social, la montée en puissance de Toulouse Métropole Habitat (TMH), qui vise 20 000 logements en service d’ici 2026, ne suffit pas à absorber l’explosion des demandes, avec des délais qui s’allongent nettement. Par ailleurs, le loyer médian se situe autour de 12,5 €/m² et progresse de 0,5 €/m² en un an.

La gauche pour encadrer les loyers

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Un « choc d’offre abordable », c’est ce que promet François Briançon (PS). Dans les chiffres : 15 000 logements à loyer modéré sur le mandat, dont 7 500 via le bail réel solidaire, et 30 000 logements rénovés. Il veut déposer la candidature de Toulouse à l’encadrement des loyers avant la fin de l’année et réduire à 90 jours par an la location des meublés touristiques. Parlant d’une « vraie crise du logement », comme il l’a déclaré au Journal Toulousain, « ce n’est plus une alerte mais une réalité du quotidien ».

À sa gauche, François Piquemal (LFI) veut aller plus loin. Il annonce 24 000 logements publics sur le mandat, soit 4 000 par an, avec doublement de la production de Toulouse Métropole Habitat et des réhabilitations. Pour les logements vacants, il prévoit la réquisition d’au moins 100 logements avant la fin de l’année. Un encadrement strict des loyers et la création d’une brigade municipale du logement sont également au programme, avec pour rôle de contrôler loyers, meublés touristiques et habitat indigne.

Moudenc mise sur le PLUi‑H et refuse l’encadrement

La continuité, c’est l’objectif du maire sortant Jean‑Luc Moudenc (divers droite). Il veut maintenir le rythme de 7 400 logements par an entre 2025 et 2035, dont 35 % de logements sociaux. Il promet 25 % de logements neufs à prix encadré (3 000–3 500 €/m²) dans les nouveaux projets et met en avant un plan métropolitain de 32 millions d’euros pour renforcer la production de logements sociaux et intermédiaires. « On ne fait pas baisser les loyers en ajoutant des règles mais en construisant », répète‑t‑il dans la presse locale, tout en s’opposant à l’encadrement des loyers.

Anti‑densification et lutte des classes

Pour le RN et sa tête de liste Julien Leonardelli, il faut freiner la densification et la « bétonisation » de la ville, avec une priorité affichée pour les quartiers populaires. Mettant en avant la réhabilitation de l’existant, il désigne les 46 000 logements vacants (vacance de courte durée, logements en travaux, logements invendables, etc.) et les 8 000 logements indignes comme une priorité avant de lancer de nouveaux grands projets immobiliers. Dans la lignée nationale du RN, Leonardelli s’oppose à l’encadrement des loyers.

Pour sa part, l’écologiste centriste Lambert Meilhac veut lutter contre l’artificialisation des sols, défendre une densité « maîtrisée » et donner la priorité à la rénovation énergétique du parc existant.

Les listes d’extrême gauche, comme celles de Guillaume Scali (NPA), Maléna Adrada (Lutte ouvrière) ou Vanessa Pedinotti, défendent le blocage des loyers, la réquisition des logements vides et l’arrêt des expulsions sans relogement. « L’ordonnance de 1945 sur la réquisition n’est pas appliquée, il faut imposer par la lutte le droit au logement », martèle Lutte ouvrière.

L’élection municipale aura lieu les 15 et 22 mars 2026.

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