C’est dans un contexte de crise du logement que se déroulent les municipales à Nantes. Dans un marché jugé comme « très tendu », la production de logements se situe en dessous des 6 000 unités neuves prévues chaque année par le Programme local de l’habitat (PLH).
Côté prix de vente, plusieurs sources indiquent que le prix moyen des appartements se situe entre 3 400 et 4 000 €/m² en 2025, avec une baisse d’environ 1 à 5 % sur un an. Certains acteurs évoquent jusqu’à – 25 % en trois ans, mais à partir d’un niveau déjà très élevé. Les loyers, eux, continuent de progresser légèrement : autour de 13–15 €/m² pour les appartements, avec un loyer médian estimé à 13 €/m² hors charges en 2025. Résultat : la tension reste forte pour les locataires, l’accession est difficile pour les ménages modestes et l’attente est longue pour les candidats au logement social.
La gauche sortante mise sur la régulation et le social
Pour la maire socialiste sortante, Johanna Rolland, l’objectif est de renforcer la part de logements sociaux dans la production neuve. À la tête d’une coalition PS–EELV–PCF–PRG, elle défend l’encadrement des loyers à l’échelle de la ville, dans le cadre national existant, ainsi qu’un durcissement de la régulation des meublés touristiques. « La lutte contre le mal‑logement reste une priorité, nous voulons que les travailleurs puissent continuer à vivre à Nantes », indiquait‑elle lors des débats avant la municipale organisée par la presse locale.
À l’extrême gauche, William Aucant, candidat LFI, veut aller plus loin sur la régulation du marché. Il défend un objectif de 40 % de logements sociaux dans le parc locatif nantais, le gel des loyers des logements sociaux municipaux et la rénovation de l’ensemble du parc social. Autre mesure phare de son programme : la réquisition temporaire des logements vacants via la loi ELAN, avec la création d’un « Bureau du mètre carré » pour les recenser et d’une « brigade du logement » pour lutter contre l’insalubrité. Il veut également réguler davantage les résidences secondaires et intégrer des matériaux biosourcés dans la commande publique.
Droite et centre : relancer la construction et l’accession
Pour Foulques Chombart de Lauwe, l’objectif est que 50 % des Nantais deviennent propriétaires. Le candidat LR–MoDem–Horizons fait de l’accession un axe central de son programme en matière de logement. Critique de la politique de construction menée sous le mandat de Johanna Rolland, il promet la construction de 6 000 logements supplémentaires par an. Pour ce faire, il prévoit d’accélérer l’instruction des permis de construire en réduisant les délais administratifs.
Le candidat Renaissance, Mounir Belhamiti, annonce quant à lui la construction de 20 000 logements pendant le mandat. Opposé à l’encadrement des loyers, qu’il juge contre‑productif, il veut un cadre plus favorable aux investisseurs immobiliers, avec des allègements de taxe foncière, tout en lançant un programme d’isolation prioritaire pour les logements anciens et des aides à l’adaptation pour les personnes âgées.
Foncier, bureaux vacants et spéculation
Jean‑Claude Hulot, candidat de la liste RN–UDR « Pour une Nantes sûre », propose de son côté de mettre fin à l’extension des zones d’espaces naturels sensibles afin de libérer du foncier. Il défend aussi la mutation des bureaux inoccupés en logements et s’oppose à toute forme de plafonnement des loyers. Il souhaite instaurer un prêt métropolitain à taux zéro pour favoriser l’accession et envisage le rachat de murs commerciaux par la collectivité pour pratiquer des loyers « à prix coûtant ».
Quant à Margot Medkour, à gauche de l’échiquier local, elle souhaite « casser la spéculation immobilière » avec une agence municipale du logement et la construction de 10 000 petits logements (T1) avec espaces partagés, à 300 € par mois. Objectif : tirer les prix vers le bas. Favorable à l’encadrement des loyers et à la réquisition, elle propose aussi d’utiliser des bâtiments vides via des baux précaires conclus avec des associations.
Les programmes de Nicolas Bazille (Lutte ouvrière) et d’Alexandre Gauvin (« Nantes ouvrière et révolutionnaire », NPA) s’en tiennent largement à leur ligne nationale : renforcement du parc social, réquisition des logements vacants ou encore baisse des loyers.
Les élections municipales ont lieu les 15 et 22 mars 2026.
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