Municipales : logement à Rennes, ce que promettent les candidats

Encadrement des loyers, BRS, réquisitions, quotas de logements sociaux : tour d’horizon des promesses logement à Rennes.
Encadrement des loyers, BRS, réquisitions, quotas de logements sociaux : tour d’horizon des promesses logement à Rennes.
GTRES

Rennes garde cette image de ville étudiante. Mais derrière cela, il y a une réalité : la ville bretonne est l’un des marchés les plus tendus de France. La question du logement s’est donc imposée naturellement dans la campagne des municipales. Un étudiant paie en moyenne 586 € charges comprises pour 30 m² en 2026, soit près de 19 €/m², selon LocService, dans une ville où 73 000 étudiants doivent se partager seulement 6 000 places CROUS. Aussi, Rennes compte un peu plus de 28 300 logements sociaux au 1ᵉʳ janvier 2025, environ un quart des résidences principales, mais 43 % de ce parc sont concentrés dans cinq quartiers prioritaires où ils représentent plus de 70 % des logements.

Appéré : droit au logement, encadrement des loyers et BRS de masse

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Pour la maire sortante, Nathalie Appéré (PS), le logement est un droit fondamental. « On a deux enjeux importants : le premier c'est l'offre de logement parce qu'effectivement on est dans une métropole attractive, le deuxième c'est les prix », a-t-elle indiqué lors du débat des municipales organisé par Public Sénat, Ouest-France et TV Rennes.

Pour la candidate de gauche, il est prévu dans son programme la construction de 500 logements sociaux et 300 logements intermédiaires à loyers encadrés chaque année, avec un effort de déconcentration hors des cinq quartiers prioritaires. Six cents logements par an via le Bail Réel Solidaire (BRS) à des prix plafonnés entre 2 800 et 4 200 €/m². Objectif : ouvrir l’accession aux classes moyennes.

Côté marché privé, l’encadrement des loyers, un permis de louer, un contrôle renforcé des meublés touristiques type Airbnb et la possibilité de réquisitionner des immeubles vacants, après classement de Rennes en zone tendue, sont au programme.

LFI : 40 % de logements publics et réquisitions massives

La liste de La France insoumise de Marie Mesmeur veut aller plus loin. Elle souhaite une rupture. Objectif : 40 % de logements publics (HLM, offices fonciers, coopératives) avec un Bail Réel Solidaire « massif » : au moins 50 % des logements neufs réservés au BRS, à des prix 30 à 50 % sous le marché.

Autre mesure envisagée dans le programme : la création d’une brigade anti-mal-logement chargée de traquer l’insalubrité, de préparer l’encadrement des loyers et d’accompagner les locataires dans leurs démarches juridiques. Pour les ménages les plus modestes, le plafonnement à 6 €/m² est proposé, tandis que la durée des locations de courte durée serait plafonnée à 90 jours.

Dans le cadre d’un plan « zéro sans-abri », Marie Mesmeur, propose la réquisition de logements vacants et de résidences secondaires. La transformation temporaire d’hôtels haut de gamme en centres d’hébergement est également évoquée pour répondre aux besoins.

Droite et centre : freiner la densité, cibler le social, pousser l’accession

Pour la droite emmenée par Charles Compagnon (DVD-Horizons), la priorité affichée est de « mieux construire, moins densifier » tout en favorisant l’accession. Ainsi, le candidat demande un moratoire sur les immeubles de grande hauteur dans les quartiers pavillonnaires et promet de « mettre fin aux projets imposés sans concertation », via des comités locaux d’urbanisme. Il veut recycler d’abord la ville existante – conversion de bureaux, requalification de zones commerciales – et développer le BRS à l’échelle de toute la métropole pour rendre l’achat possible aux classes moyennes.

Pour Thomas Rousseau (LR), l’objectif est de 1 000 logements privés construits par an. La transformation de bureaux vacants en logements et des critères plus stricts d’accès au parc social figurent également dans son programme.

Densifier autour du rail et fixer des quotas

La liste écologiste et citoyenne de Yan Mélan (Parti Équinoxe) porte l’objectif d’un logement pour tous. Ainsi, il propose de densifier l’offre autour des gares ferroviaires de la métropole rennaise. Conversion de bureaux en logements et requalification de zones commerciales plutôt que l’étalement urbain sont également prévues dans son programme. Une idée partagée également par Ulysse Rabaté (Rennes-Commune), à la tête d’une liste écolo dissidente. Erell Duclos, quant à elle, propose – entre autres – la réquisition d’hôtels de luxe pour les hébergements d’urgence.

Les élections municipales ont lieu les 15 et 22 mars 2026.

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