Dans la rade, la crise du logement est une réalité. Environ 102 000 logements pour près de 181 000 habitants, selon l’Insee. Côté logements sociaux, cela représente un peu plus de 13 000 logements, soit autour de 17 % du parc, encore loin des 25 % qu’impose la loi SRU. Résultat : la capitale du Var, officiellement en carence, supporte chaque année des pénalités SRU de l’ordre de plusieurs millions d’euros.
Massi : du social « diffus »
Une montée en puissance graduelle, c’est ce que propose la maire sortante, Josée Massi. Son objectif : « Je souhaite du logement social diffus, c’est fini ces grandes barres, c’est fini ces grands ensembles comme La Beaucaire, Saint‑Mus, La Grande Plaine. » Fini donc les grands ensembles, place aux petites unités résidentielles parfaitement intégrées à la ville. Lors du débat organisé par BFM VAR et Var-Matin, elle insiste : « Chaque fois que l’on construit 800 m², il y a 30 % de logements sociaux. »
Lavalette : desserrer les contraintes
Pour la candidate RN, le souci, ce sont les règles nationales. Pour Laure Lavalette, « le parc locatif est gelé » par les diagnostics de performance énergétique (DPE) et elle plaide pour desserrer ces contraintes, via des partenariats publics‑privés censés produire du logement « beau, accessible », notamment dans les quartiers ouest.
Sur la loi SRU, elle estime qu’autour de 19 % de logements sociaux « c’est déjà bien » et défend l’idée de comptabiliser les logements de la Marine dans le quota pour dépasser les 25 % et supprimer les amendes. Une lecture contestée par la gauche, qui accuse le RN de jouer avec les curseurs sans programmer de rattrapage réel.
Bonnus : le réalisme foncier
Du côté de Michel Bonnus, candidat LR aux municipales à Toulon, on privilégie la réhabilitation du parc existant et le « réalisme foncier ». Le sénateur, soutenu par l’ancien maire Hubert Falco, élu du Var depuis 2020, se montre sceptique face aux chiffres annoncés de milliers de logements créés. Bonnus avance, lui, la réalité du terrain. « Je pense que 800 logements, c’est réalisable », a‑t‑il fait valoir lors du débat des candidats BFM / Var-Matin.
Brunel : « bombe sociale » et Airbnb
Pour la gauche de Magali Brunel (« Toulon en commun », PS‑EELV‑PCF), la question du logement est une « bombe sociale » qu’il faut désamorcer. Dans son viseur : la crise du parc privé et la poussée d’Airbnb. Résultat, la candidate propose de limiter le dispositif : « un logement Airbnb contre un logement de longue durée ». « Nous avons 2 000 Airbnb, ça signifie qu’il y a 2 000 logements qui là sont bloqués pour du profit de location de courte durée », s’est‑elle indignée.
Cornil : 7 000 logements sociaux
À sa gauche, Isaline Cornil, candidate pour la liste d’union populaire soutenue par LFI, propose 7 000 logements sociaux de plus sur la mandature. « La priorité, ce sont les droits fondamentaux et pour les Toulonnais, c’est d’abord de se loger », affirme‑t‑elle, en liant ce programme à la rénovation thermique et à la lutte contre les marchands de sommeil. Dans une ville où « 70 % des Toulonnais » seraient éligibles au logement social, selon plusieurs acteurs du débat, ce contraste entre rattrapage massif, gestion graduelle et dérégulation assumée donne tout son relief à la campagne.
Les élections municipales ont lieu les 15 et 22 mars 2026.
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