Municipales à Saint-Denis (La Réunion) : le défi du logement

Logement, sécurité et urbanisme : des sujets au cœur des débats à Saint-Denis, la plus grande ville d'outre-mer
Logement, sécurité et urbanisme : des sujets au cœur des débats à Saint-Denis, la plus grande ville d'outre-mer
Wikimedia commons

Vingtième commune de France, Saint-Denis de La Réunion offre une relative stabilité des prix. Au 1er février 2026, le prix de vente moyen y atteint 2 941 €/m², selon l’indice Fnaim, stable sur trois mois et en recul de 1,9 % sur un an. Les maisons s’échangent en moyenne à 3 570 €/m², contre 2 580 €/m² pour les appartements, soit un niveau d’environ 4 % supérieur à la moyenne du département (2 837 €/m²).

Selon les données disponibles, Saint-Denis compte en 2024 près de 23 271 logements aidés, soit environ 27,9 % du parc de l’île, dans un contexte de vacance faible autour de 1,3 %. Dans le même temps, la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé-Pierre) estime à 143 000 le nombre de personnes non ou mal logées à La Réunion en 2024, dont environ 18 000 vivent dans des logements indignes et 3 000 sont sans domicile.

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Ericka Bareigts : une « police du logement » et la continuité de l’action municipale

Issue de la liste d’union de la gauche et maire sortante, Ericka Bareigts souhaite créer une « police du logement ». L’objectif est notamment de constater les situations d’insalubrité dans le parc social et d’ouvrir des procédures administratives. Ce dispositif doit permettre à la CAF de bloquer le versement des loyers aux bailleurs défaillants et de lutter contre la vacance résidentielle, en complément des outils déjà disponibles de contrôle des bailleurs sociaux et des opérations de réhabilitation engagées.

Cette proposition s’inscrit dans la continuité des politiques menées depuis 2020 : transformation de plusieurs quartiers, dispositifs de proximité comme « Allo Quartier » et prise en compte du logement dans la tranquillité publique. « Nous avons pratiqué l’hyper proximité », rappelait-elle lors du débat des municipales organisé par Réunion La 1ère, avant d’ajouter : « nous avons tant construit ensemble et il nous reste encore beaucoup à faire ».

Jean-Max Nativel : production, réhabilitation et accession à la propriété

Création de logements, réhabilitation du parc existant et soutien à l’accession à la propriété : tels sont les objectifs affichés par Jean-Max Nativel, candidat du Rassemblement national, dans le volet logement de son programme.

« Saint-Denis est en ruine. Sur le plan de la sécurité, sur le plan de la jeunesse qui est perdue, en ruine dans les quartiers qui sont oubliés », a-t-il déclaré en campagne, décrivant un territoire marqué par des difficultés sociales et urbaines.

Ce qui ressort des autres listes

Pour Gaëlle Lebon (« La force d’agir pour Saint-Denis ! », droite), l’accent est mis sur la relance économique locale, avec notamment un projet de quai de croisière au Barachois. Sur le logement, la candidate déplore que « trop de personnes vivent dans des logements insalubres alors que tout le monde se rejette la balle ».

Farid Mangrolia, centriste (« Tous Dionysiens »), aborde le logement principalement via les questions d’aménagement et de cadre de vie : « Nous devons avoir des commerces, des habitations pour les familles et surtout avoir un parc qui respecte des dimensions normales. »

Pour sa part, l’écologiste Ludovic Sautron (« Saint-Denis, une terre un peuple ! ») relie logement, emploi et mobilité : « 36 ans après, nous nous retrouvons toujours dans les mêmes galères d'embouteillage, d'aménagement, de logement, de travail. »

Sonny Welmant (« Notre heure c’est maintenant ! ») souhaite la création d’un « plan logement jeune actif » visant à transformer des bâtiments vacants en résidences modernes à loyers modérés.

Stéphane Persée (« Pour tout Saint-Denis ») propose la création d’un « Comité local pour le logement autonome des jeunes (CLLAJ) », afin d’accompagner les premières demandes de logement des jeunes et de les orienter vers les dispositifs déjà en place.

Enfin, René-Paul Victoria (« Dionysiens rassemblés pour changer ») affirme : « Bientôt Saint-Denis sera par terre », tandis que Giovanni Payet (« La Voix citoyenne à Saint-Denis ») critique les « vieux partis politiques » qui « éteignent la voix des habitants ».

Les élections municipales ont lieu les 15 et 22 mars 2026.

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