Roubaix : une brigade municipale réveille les logements vacants

Une brigade de trois agents aide les propriétaires à remettre des logements vacants sur le marché, en misant sur la pédagogie.
Une brigade de trois agents aide les propriétaires à remettre des logements vacants sur le marché, en misant sur la pédagogie.
Mairie de Roubaix Wikimedia commons

Ici comme partout en France, la ville souffre de ses logements vacants. Connue pour accueillir une course de cyclisme : Paris-Roubaix chaque mois d’avril et le siège d’un commerce en ligne connu et reconnu, La Redoute, Roubaix est-elle en train de devenir précurseur dans la chasse aux logements vides ? Selon les données LOVAC 2023 du Cerema, la ville du Nord comptait 4 919 logements privés vacants, dont 1 547 inoccupés depuis plus de deux ans.

Une situation paradoxale alors que les habitants peinent à se loger. Un tableau qui a poussé la cité à agir et à miser sur l’accompagnement plutôt que sur le bras de fer. Ainsi, en 2021 a été mis en place un service dédié à la lutte contre les logements vacants, devenu en mars 2022 une « brigade logement vacant ». Elle est rattachée à la Maison de l’Habitat.

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De la pédagogie avant tout

Sa mission : repérer les logements vides, identifier leurs propriétaires, les convaincre de remettre leur bien sur le marché et les accompagner dans toutes les étapes du projet. Un mot d’ordre : ne pas commencer par la menace fiscale. De la pédagogie est donc menée par trois agents avec les services municipaux, la Métropole de Lille et les opérateurs de l’habitat.

Un travail de fourmi également pour cette brigade. Elle doit sillonner les rues, repérer les maisons murées, immeubles fermés ou logements inoccupés. Pour ce faire, le croisement des données fiscales et métropolitaines est là pour les appuyer dans leurs recherches. Autres casquettes : jouer les démineurs administratifs, clarifier la situation de la propriété. Le tout en orientant les propriétaires vers les aides disponibles, qu’elles soient locales, régionales ou nationales.

Résultat : depuis 2021, toutes ces démarches portent leurs fruits. Comme le soulignait Libération, en mars, 150 biens inoccupés ont été remis sur le marché. Un chiffre qui vient couronner le travail de dentelle entrepris par la ville.

Roubaix, laboratoire contre la vacance

Roubaix, justement, n’en reste pas là. Pas question de la jouer solo. Ainsi, la ville est membre fondatrice de l’association « Agir contre le logement vacant ». Elle rassemble des collectivités confrontées à une vacance importante, telles que la métropole de Lyon, celle de Grenoble, de Paris ou encore de Strasbourg, par exemple. Son objectif : faire évoluer le cadre réglementaire ou encore débloquer des moyens humains, techniques et financiers spécifiques. En 2024, Roubaix, tel un véritable laboratoire de ces politiques locales, a coorganisé avec la Métropole de Lille les troisièmes Rencontres pour agir contre le logement vacant.

Pour cette cité du Nord, la lutte contre le logement vacant revêt aussi d’autres aspirations plus larges. Ainsi, au-delà de trouver à loger ses habitants, la mairie souhaite avancer sur la rénovation énergétique, la lutte contre l’habitat indigne et la sobriété foncière. C’est aussi l’ambition de tendre vers une absence d’artificialisation nette et une revitalisation de certains quartiers. Derrière chaque logement vacant, il y a donc l’ambition de transformer la ville et la vie sociale.

Reste à savoir si d’autres villes pourront reproduire le schéma roubaisien, c’est-à-dire une démarche qui ne se veut pas sanctionnante mais davantage pédagogique. L’objectif est de répondre concrètement à la crise du logement avec des initiatives locales. Quoi qu’il en soit, la création d’une « brigade du logement » apparaissait dans de nombreux programmes lors des dernières élections municipales. À l’heure où plus d’un million de logements serait vacant en France, selon l’association « Agir contre le logement vacant », l’urgence est là.

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