C’est une petite révolution. La 2G et la 3G vivent leurs dernières heures en France. L’opérateur historique, Orange, a commencé à éteindre la 2G ; l’arrêt complet se fera d’ici la fin de l’année. Pour la 3G, le crépuscule est prévu entre 2028 et 2029. Effet collatéral : de nombreuses copropriétés vont devoir mettre à niveau leurs équipements connectés, en particulier les ascenseurs, mais également les dispositifs de téléassistance, les interphones, les alarmes ou encore la vidéosurveillance.
Pour assurer le changement, le gouvernement a sonné la mobilisation générale. Un décret en fixe le cadre : information des propriétaires, intégration des mises à niveau dans le contrôle technique quinquennal et nouvelles obligations de vérification des moyens d’alerte. Entrée en vigueur progressive à partir du 1er avril.
Ascenseurs : une mise à niveau obligatoire et payante
Point de tension : la téléalarme d’ascenseur. C’est‑à‑dire le bouton d’appel d’urgence, qui permet de joindre un centre de télésurveillance en cas de blocage. Sur RMC, Alain Meslier, président de la Fédération des ascenseurs, a avancé le chiffre de 230 000 ascenseurs encore en 2G, dont 60% dans le résidentiel. Si le module n’est pas remplacé, le bouton d’alarme ne fonctionnera plus. Conséquence : l’ascenseur sera immobilisé jusqu’à sa mise à niveau.
Coût du remplacement (équipement 4G, matériel, main‑d’œuvre) : entre 800 et 1 500 euros par ascenseur, jusqu’à 1 800 euros dans les cas les plus complexes. À cela s’ajoute un surcoût durable sur les charges, puisque l’abonnement 4G coûte entre 15 et 30 euros par mois.
Calculette en main, pour un immeuble moyen, la mise à niveau représente quelques dizaines à quelques centaines d’euros par copropriétaire, plus une hausse de charges de quelques euros par mois. Une mauvaise nouvelle à l’heure où l’énergie et les travaux pèsent déjà sur les budgets.
Téléassistance, interphones, alarmes : le reste de l’immeuble concerné
À cela s’ajoutent de nombreux autres équipements utilisés dans les copropriétés ou dans les logements qui utilisent encore la 2G ou la 3G. La téléassistance des personnes âgées est un autre point de questionnement : 200 000 dispositifs fonctionnent encore avec ces réseaux, ce qui représente environ 750 000 seniors. Le coût du changement est estimé entre 50 et 100 euros, hors prix du nouvel équipement et d’un éventuel surcoût d’abonnement.
Dans les copropriétés ou les résidences, interphones, portails automatiques, systèmes de vidéosurveillance, d’alarme, etc., doivent également opérer le passage à la 4G. Face à ce big bang technologique, qui concernerait, selon une étude PwC citée par Le Parisien, 7,8 millions d’appareils fonctionnant en 2G (4 millions) ou en 3G, les pouvoirs publics recommandent de recenser les équipements encore sous ces anciens réseaux, puis de se rapprocher d’un prestataire pour organiser la migration et intégrer ces dépenses au budget ou au plan pluriannuel de travaux.
Une situation dénoncée par plusieurs associations de consommateurs, qui pointent des opérations coûteuses et réclament des garde-fous sur le partage de la facture entre opérateurs, industriels et particuliers. La fin de la 2G et de la 3G risque ainsi d’être une mauvaise nouvelle de plus pour les copropriétaires en 2026.
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