“God bless America” ! Ce pourrait être le cri du cœur de certains conseillers immobiliers. En 2025, les Américains comptent parmi les clientèles étrangères les plus actives sur le marché français, avec un budget moyen de 560 000 euros et un prix médian de 345 000 euros, soit environ 19% de plus que la moyenne observée sur la plateforme Green-Acres. À Paris, ils représentent désormais près d’un quart des acheteurs étrangers. Ici on ne lésine pas sur les moyens et on cherche le charme les pierres anciennes, la qualité de vie et pour échapper à un climat politique jugé pesant de l’autre coté de l’Atlantique.
Hormis la capitale, qui garde un attrait particulier pour bon nombre d’Américains, Nice et, plus globalement, la fameuse « French Riviera » font partie des destinations les plus demandées sur Internet, avec 3,9% des recherches pour Nice contre 3,6% pour Paris selon Green-Acres. Soleil, mer et vues panoramiques gardent la cote auprès de cette clientèle en quête d’art de vivre… loin des turbulences américaines.
Dollar fort et image positive de la France
Une des raisons avancées pour expliquer le succès français chez les États-uniens est l’euro faible face au dollar. Fin 2025, le taux de change était de 1,175 dollars pour un euro. Il est début mai de ce même ordre (1,17 dollar pour un euro). Un niveau toujours considéré comme favorable aux acheteurs américains. Après un pic autour de 3,6% fin 2023 début 2024, le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers s’est stabilisé à environ 3,1% fin 2025, selon la Banque de France.
Dans le détail, à Paris, le budget moyen des Américains tourne autour de 715 000 euros pour des surfaces d’environ 60 m², soit presque le double de celui d’un acquéreur français, avancent plusieurs acteurs du marché. Cap sur les 7e et 8e arrondissements, où les prix dépassent souvent les 10 000 euros/m². Sur la Côte d’Azur, direction les villas à plus d’un million d’euros à Nice, Cannes, Antibes ou Menton. Dans le département des Alpes-Maritimes, le prix moyen des appartements anciens avoisine les 5 500 euros/m², en nette hausse depuis 2023.
La fameuse “France profonde” n’est pas en reste
Si la capitale et la French Riviera ont la cote, d’autres régions tirent aussi leur épingle du jeu. Depuis 2023, l'attrait croissant pour la « France profonde » se confirme : les recherches immobilières dans le Lot ont progressé de 16 % en 2024 par rapport à 2023, selon Green-Acres, qui place le département dans le top 5 des plus fortes hausses d'intérêt. La Dordogne reste un classique…, notamment autour de Sarlat-la-Canéda (la « capitale » du Périgord noir) et de Bergerac. Peut-être inspirés par les Britanniques, qui ont massivement investi dans la région ces dernières années, les Américains viennent y chercher de grandes maisons, de la nature et un coût de la vie bien plus doux qu'outre-Atlantique.
Globalement, les acquéreurs étrangers représentent, au niveau national, environ 2 % des transactions de logements anciens, soit approximativement 16 000 ventes par an, selon les données des notaires. Leur poids est toutefois particulièrement marqué sur l'habitation haut de gamme, où ils surpaient significativement la moyenne nationale.
La France est ainsi devenue, pour une partie des acheteurs américains, un refuge où investir dans la pierre, du studio parisien au mas provençal. Pour le marché français, cette clientèle venue d'outre-Atlantique joue un rôle stabilisateur précieux. Pour les Américains, la France est devenue bien plus qu'une destination de vacances.
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