Les permis de construire en forte hausse en mars

Les permis bondissent de plus de 33% et retrouvent leur niveau de 2022. Le début d’un nouveau cycle pour le logement neuf ?
Les permis bondissent de plus de 33% et retrouvent leur niveau de 2022. Le début d’un nouveau cycle pour le logement neuf ?
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Vraie reprise ? Simple rattrapage ? Après plusieurs mois moroses, mars apporte en tout cas un peu de gaieté. Selon le service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique, l’augmentation par rapport à février atteint 33,1% pour le troisième mois de l’année. Au total, 43 144 logements ont été autorisés, un niveau « proche de celui observé au premier semestre 2022 », souligne le ministère.

Le sursaut s’inscrit surtout dans une séquence inégale. Le rebond de mars arrive après une légère baisse en février (-1%), alors que janvier (+3,8%) et décembre (+5,5%) avaient été meilleurs. Sur une année, la dynamique reste toutefois très positive, avec une hausse d’environ 22% des permis de construire sur les douze derniers mois.

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Le pic de permis est là, mais les mises en chantier sont à la traîne

Cependant, derrière ces chiffres qui poussent à l’optimisme, il y a une autre réalité. Entre le feu vert administratif et la mise en chantier, il y a un monde. Ainsi, en mars, 29 854 logements ont effectivement été mis en chantier, soit une hausse de 19,2% par rapport à février (25 039 logements commencés), selon une note du SDES. Une dynamique, oui, mais nettement moins spectaculaire que celle des permis délivrés.

Sur un an, le constat est encore plus parlant : les logements mis en chantier atteignent autour de 284 800 unités, en hausse d’environ 11,5% sur un an. Là encore, la courbe remonte, mais à un rythme bien plus modéré que celle des autorisations. Les professionnels du secteur mettent en évidence, depuis plusieurs années, un phénomène de décalage : les autorisations de construire repartent à la hausse, mais les logements mis en chantier suivent moins vite, sous l’effet cumulé de la hausse des coûts de construction, des taux d’intérêt et des incertitudes qui pèsent sur les promoteurs.

Une reprise fragile…

D’ailleurs, plusieurs spécialistes insistent sur le fait que ce rebond de mars s’inscrit surtout dans un mouvement de rattrapage. L’année 2025 a été jugée « catastrophique » pour le neuf. Fin du Pinel, retrait d’une partie des investisseurs, envolée des coûts : le secteur sort tout juste d’un trou d’air historique.

Dans ce contexte, le bond de plus de 33% des permis de construire en mars est vu à la fois comme un signal encourageant et comme la conséquence de dossiers retardés qui se débloquent. La nuance est donc de mise : la tendance est à un redémarrage, mais il reste très dépendant des mesures de soutien – statut du bailleur privé, nouveaux dispositifs d’aide, adaptation à la réglementation environnementale RE2020 ou encore mise en œuvre du zéro artificialisation nette (ZAN). Surtout, l’écart entre permis de construire et démarrage effectif des chantiers montre que les tensions de production demeurent bien présentes.

Résultat, le message est clair pour les ménages qui cherchent à acheter dans le neuf. L’offre pourrait, à court ou moyen terme, se densifier et atténuer certains phénomènes de pénurie, si la trajectoire se confirme. Mais il serait prématuré de compter sur un raccourcissement rapide des délais de construction. La filière doit encore faire face à des coûts élevés, à des contraintes réglementaires renforcées et à une main-d’œuvre très sollicitée. Une réalité bien tangible, qu’il faut intégrer dans l’équation avant d’espérer construire plus vite.

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