Construction : le bois monte en puissance

Ce matériau bas carbone s’impose progressivement dans les projets immobiliers, des logements aux bâtiments publics
Señorio de Bertiz
Olisacu, CC BY-SA 4.0 Wikimedia commons

Le bois a longtemps eu la vie dure dans l’immobilier français. Il progresse pourtant : selon une enquête de la Codifab (Comité professionnel de développement des industries françaises de l’ameublement et du bois), 18 250 logements ont été construits en structure bois en 2024. Encore loin de détrôner le béton, le matériau gagne du terrain dans les programmes immobiliers, qu’il s’agisse de projets pour particuliers ou de commandes publiques.

Alors que le temps est à la crise, le bois continue de faire son trou, porté par les objectifs climatiques et la recherche de bâtiments bas carbone. La tendance est particulièrement marquée dans les bureaux et les équipements publics : le bois représente 13,6% du tertiaire neuf, contre 6,6% pour le résidentiel, selon l’ADEME, l’Agence de la transition écologique. Avec un chiffre d’affaires de plus de 4,6 milliards d’euros en 2024 et des projets d’investissement annoncés pour les prochaines années, le secteur a de quoi voir la vie en rose.

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Des bureaux aux logements, le bois s’installe

Aujourd’hui, cette part atteint environ 10% des bâtiments neufs, selon l’observatoire Batizoom de l’ADEME. Bailleurs sociaux, promoteurs et entreprises s’en servent pour des bureaux, des résidences étudiantes ou des projets mixtes, avec à la clé des chantiers plus rapides et moins bruyants grâce à la préfabrication en atelier. Côté logement, le bois rime encore surtout avec maison individuelle, mais il touche peu à peu les immeubles collectifs, surtout dans les grandes métropoles.

Des questions subsistent toutefois, notamment autour de l’acoustique, de la protection incendie et du confort d’été. Elles imposent une conception spécifique et une expertise confirmée avant de se lancer dans des travaux en bois. Discret mais bien réel, ce mouvement permet aussi d’aligner une partie du parc neuf avec les objectifs environnementaux fixées par les normes et la transition écologique.

Un levier climat encadré par la ressource forestière

Ainsi, la progression du bois tient aussi au fait qu’il s’inscrit au cœur des politiques climatiques. L’État prévoit qu’à l’horizon 2030, les matériaux biosourcés et bas carbone, dont le bois, représentent une part croissante des constructions et rénovations publiques. Matériau renouvelable par excellence, qui stocke du carbone, le bois contribue à réduire l’empreinte des bâtiments par rapport au béton et aux solutions traditionnelles, ce qui facilite le respect de la RE2020 et des différents labels environnementaux.

De plus en plus de collectivités s’inscrivent dans cette trajectoire et intègrent le bois dans leurs programmes. Écoles, gymnases ou logements sociaux en structure bois se multiplient dans les grandes agglomérations françaises, souvent dans le cadre de démarches “bois‑biosourcé”. Cette orientation est renforcée par des programmes d’investissement comme France 2030. Toutefois, cette montée en puissance reste encadrée par les limites de la ressource forestière. La forêt française couvre 17,6 millions d’hectares, soit environ 32% du territoire métropolitain selon l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière), mais elle subit déjà les effets du changement climatique : sécheresses et incendies ravageurs se multiplient chaque année. 

Dans ses scénarios prospectifs, l’ADEME estime qu’un scénario “bois et biosourcés” augmenterait d’environ 13% la consommation de ce matériau d’ici 2050. Résultat : cela exclut de fait une stratégie du “tout bois” dans la construction. L’enjeu des prochaines années sera donc d’augmenter sa part dans le bâtiment tout en garantissant une gestion durable des forêts et une montée en capacité de la filière. Un équilibre à trouver pour tous les acteurs.

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