Est‑ce une manière de lier le « réarmement démographique » voulu par le président Macron à l’immobilier ? La proposition de loi de la députée Constance de Pélichy (LIOT) semble aller dans ce sens, même si l’élue se défend de toute arrière‑pensée démographique. « En France, 20 % des couples qui veulent avoir un enfant y renoncent faute d'un logement adapté, je trouve ça tout à fait insupportable », indiquait‑elle sur la radio Ici Orléans, le 28 mai dernier.
Le texte consiste à créer un nouveau prêt à taux zéro (PTZ), pensé pour les parents qui ont ou attendent un enfant. Objectif sous‑jacent : donner un coup de pouce aux familles qui doivent changer de logement ou ajouter une pièce au moment où la fratrie s’agrandit, sans pour autant alourdir la facture.
Un prêt pensé pour les parents
Ce « PTZ » familial pourrait atteindre 100 000 euros. Il serait réservé à l’achat ou à l’agrandissement de la résidence principale, accordé par les banques avec une garantie de l’État, et sans intérêt. Ouvert aux couples comme aux parents isolés, il serait déclenché dès la déclaration de grossesse et jusqu’aux cinq ans de l’enfant. L’idée est de faciliter le passage d’un appartement trop petit à un logement doté d’une chambre supplémentaire, ou de financer l’extension d’un habitat. « On a beaucoup de familles qui sont bloquées dans leur parcours résidentiel, qui ont déjà acheté un premier logement il y a plusieurs années à des taux beaucoup plus attractifs qu'aujourd'hui, et pour qui ce n'est plus possible de déménager avec des taux plus élevés », poursuit la parlementaire sur les ondes de la radio publique.
Résultat : contrairement au PTZ classique, le prêt ne serait pas conditionné aux revenus et ne serait pas réservé aux seuls primo‑accédants. Pourraient être inclus dans le dispositif les ménages déjà propriétaires et aujourd’hui à l’étroit dans leur logement. Il viendrait s’ajouter au PTZ existant, avec la possibilité de cumuler les deux mécanismes. Si les modalités (durée, rythme de remboursement) restent à définir, l’objectif est d’alléger le coût total du financement.
Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, s’est dit favorable à cette proposition de loi. « … les familles ne vont pas forcément renoncer au premier enfant, mais souvent au deuxième ou au troisième parce qu’elles savent qu’elles ne pourront pas offrir de bonnes conditions de logement à leurs enfants. » a-t-il déclaré sur BFM Business.
Un signal positif, loin de tout régler
La fin des ennuis ? Pas vraiment. Si le constat d’une baisse du pouvoir d’achat immobilier est partagé par tous : « les Français, en une dizaine d'années, ont perdu 25 mètres carrés de pouvoir d’achat », indiquait d’ailleurs Jeanbrun à la télévision, ce prêt à taux zéro n’efface pas la question des prix immobiliers, ni celle des taux d’intérêts sur le reste du financement.
Néanmoins, ce coup de pouce de l’État pourrait être utile pour aider les ménages à changer de logement plus facilement, surtout en grande couronne ou dans les villes moyennes où les prix restent plus abordables. Quid, en revanche, des zones tendues, où l’effort demandé aux ménages reste très important, même dans l’éventualité d’un PTZ ? Est‑ce un sparadrap, alors que l’apport initial et la stabilité professionnelle restent l’alpha et l’oméga pour accéder au crédit lui‑même ?
Il n’en reste pas moins que, dans une période de crise du logement, ce PTZ constitue un signal pour le logement et en faveur des familles. Il peut faire basculer certains dossiers refusés, voire reportés. Pour ses détracteurs, il ne remplacera toutefois ni une politique du logement ambitieuse ni une réflexion de fond sur le pouvoir d'achat immobilier en France.





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