Taxe foncière : la hausse prévue pour 7 millions de foyers suspendue

Une hausse moyenne de 63 € était prévue en 2026 pour plus de 7 millions de propriétaires. Le gouvernement a suspendu la réforme.
Crise du neuf, fiscalité dopée sur l’ancien, risques de chantier : en 2026, l’investisseur doit arbitrer finement.
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Mauvaise nouvelle annoncée pour les foyers français avant sa suspension. Le ministère de l’Économie va procéder à une mise à jour des fichiers des logements comme l’a annoncé le journal Le Parisien-Aujourd’hui en France ce 19 novembre 2025. Une augmentation qui se fera d’office, sans nouvelle déclaration des propriétaires. Conséquence : la taxe foncière devait augmenter pour 7,4 millions de logements dès l’année prochaine.

 

Mise à jour — Suspension de la réforme. Le gouvernement a indiqué le 26 novembre 2025 que la réévaluation des fichiers fonciers serait gelée temporairement, le temps d’établir une « nouvelle méthode » avec les collectivités. La hausse annoncée n’entrera donc pas en vigueur en 2026 dans l’immédiat, mais pourrait revenir sous une forme révisée ultérieurement. Cette incertitude n’empêche toutefois pas la polémique, qui reste vive chez les propriétaires comme chez les élus.

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Concrètement, si elle venait à être appliquée, la réévaluation porterait sur les « éléments de confort » des logements : raccordement à l’eau, à l’électricité, présence d’une baignoire, d’une douche, de toilettes, de chauffage ou de climatisation. La prise en compte de ces critères et, parfois, de mètres carrés supplémentaires, entraînera une hausse d’impôt. Le ministère indique que les critères utilisés pour calculer la taxe n’avaient pas été mis à jour depuis cinquante ans. Interrogé par l’AFP, le cabinet de la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, justifie cette réforme : « C’est une question d’efficacité et d’équité de l’impôt : que chacun paie selon le type de logement qu’il détient. »

Cette opération devrait coûter en moyenne 63 euros par logement concerné et rapporter environ 466 millions d’euros supplémentaires aux collectivités locales. Les propriétaires seront informés en juin prochain. Selon le dernier Observatoire national des taxes foncières publié par l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), l’impôt foncier a augmenté de 37,3 % en dix ans (2014-2024), soit presque deux fois plus vite que l’inflation. Une dynamique qui alimente déjà un fort ressentiment fiscal chez les propriétaires. La mesure risque donc d’accentuer un sentiment d’asphyxie fiscale.

Inquiétude de la part des propriétaires

La réévaluation ne touche pas tous les biens de manière uniforme : par exemple, 60 % des logements sont concernés en Haute-Corse, contre 25 % à Paris. Dans des départements comme l’Indre-et-Loire ou l’Isère, seuls 10 % des logements sont touchés.

Alors que le budget 2026 fait l’objet d’âpres débats à l’Assemblée nationale et au Sénat, l’annonce de cette hausse passe mal auprès des contribuables : « Le gouvernement spécule sur des éléments de conforts sans en avoir la preuve », s’inquiète Frédéric Scalbert, secrétaire général de la CGT Finances publiques. La mesure est vue comme un impôt supplémentaire pénalisant notamment les petits revenus.

Corinne Jolly, présidente du site immobilier Particulier à Particulier, souligne sur France Info son caractère « cosmétique » et destiné à « remplir les caisses » de l’État. Elle interroge : « Est-ce légitime de taxer le fait d’avoir des toilettes ou de l’eau courante dans son logement ? » Des voix se font également entendre du côté de l’Union nationale des propriétaires immobiliers : « Je ne comprends pas comment l’administration fiscale pourrait faire ça. Cela va ouvrir de nombreux contentieux », estime son président, Sylvain Grataloup. Du côté du gouvernement, on indique que les propriétaires dont les logements ne disposent pas de ces installations pourront contester leur imposition et demander des dégrèvements.

Côté politique, la mesure a immédiatement fait réagir. L’ancien Premier ministre et secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, a assuré « ne pas comprendre la décision », ajoutant : « Si j'étais en fonction aujourd'hui, je n'aurais pas permis à mon administration de prendre cette décision-là. J'espère qu'elle n'ira pas à son terme. » La porte-parole de La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, dénonce « une nouvelle trouvaille qui vise encore une fois à prendre dans la poche des Français et des Françaises et à refuser de faire contribuer les plus riches de ce pays ». Le Rassemblement national parle d’« un coup dans le dos porté aux propriétaires français ». Par la voix de son président, Jordan Bardella le RN appelle « solennellement le Premier ministre à renoncer à cette mesure ». Dans les rangs de l’exécutif, on évoque au contraire « une mise à jour technique » et non « une hausse déguisée », tout en assurant que les propriétaires concernés pourront contester leur évaluation si elle ne reflète pas la réalité du logement.

Cette hausse prévue intervient dans un contexte tendu pour les propriétaires. Pour beaucoup de ménages, cette nouvelle augmentation pourrait rendre la détention immobilière plus coûteuse que jamais, surtout pour les retraités et les propriétaires à revenus modestes qui ne peuvent la répercuter sur le loyer.

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