L'ancien redécolle vite… mais rien n’est gagné

L’ancien repart : une reprise franche mais encore vulnérable selon les territoires.
L’ancien repart : une reprise franche mais encore vulnérable selon les territoires.
hayatomate Pexels

L’ancien retrouve des couleurs. Deux ans qu’il était moribond, traînant sa peine à chaque résultat. 2025 marque un changement : les acteurs reviennent, les taux se stabilisent. Dans les milieux spécialisés, on parle désormais d’une sortie de crise. Pas de quoi être euphorique pour autant : si la reprise est bien là, elle reste fragile, inégale et encore dépendante de l’accès au crédit, du niveau d’apport et du réalisme des vendeurs. Cette année dessine donc une France à deux vitesses : d’un côté la province en plein boom, de l’autre l’Île-de-France en rattrapage.

880 000 transactions sur 12 mois fin mars, 892 000 fin avril, 906 000 fin juin, puis 916 000 fin août 2025 : les volumes de ventes repartent à la hausse, un phénomène observé depuis la fin d’année 2024. Si l’on est encore loin du pic de 2021, les transactions pourraient afficher une croissance de  plus de 8 % par rapport à 2024. Les spécialistes parlent d’un “marché en voie de normalisation” : les ventes augmentent, mais sans emballement. On est désormais dans le rationnel, plus que dans le spéculatif.

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Le boom de la province, l’Île-de-France en rattrapage

À y regarder de près, la dynamique est impressionnante en région : +19,4 % dans les Pays de la Loire, +19,2 % en Nouvelle-Aquitaine, +17,3 % en Centre-Val de Loire au premier semestre. Traduction : les villes moyennes restent les grandes gagnantes depuis la crise sanitaire. Pourquoi ? Les Français privilégient le rapport qualité-prix : là un jardin, ici un balcon. Le cadre de vie est devenu un critère non négociable pour les familles et les jeunes acheteurs.

En Île-de-France, le marché se réveille enfin. Après avoir longtemps freiné la reprise nationale, la région repart nettement : +11 % de ventes en un an et +13 % au troisième trimestre 2025 (35 170 transactions). Paris, elle, se déverrouille plus lentement. Les volumes progressent, mais l’effet sur les prix reste timide : +0,1 % en octobre. Ce n’est pas encore le renouveau, mais c’est la première vraie respiration depuis deux ans. Le marché semble avoir touché son point bas et amorce un retour en terrain positif — prudemment, mais sûrement.

Prix stabilisés, négociations fortes et profils acheteurs qui changent

Côté prix, le calme est revenu : l’une des raisons du retour de la demande. Après +1 % au premier trimestre 2025 puis -0,6 % entre avril et juin, la moyenne annuelle devrait se situer autour de -1,1 %. Comme toujours, derrière les moyennes se cachent de fortes disparités régionales : si Dunkerque (+7,6 %), Colmar (+5,2 %) ou Toulouse (+2,1 %) affichent des hausses, la tendance est baissière dans plusieurs capitales régionales comme Nantes (-1,4 %), Lyon (-2,4 %) ou encore Strasbourg (-3,6 %).

Les acheteurs sont de retour, mais avec un état d’esprit différent : plus stratèges, plus attentifs aux charges, sensibles à l’environnement voire même au potentiel de revente. Les jeunes ménages représentent désormais 26,6 % des acquisitions, un record depuis 2017, portés par des taux plus lisibles autour de 3,11 % sur 20 ans. Quant aux investisseurs, cap sur les villes moyennes — plus rentables — au détriment des hyper centres. Les vendeurs, eux, voient le rapport de force changer. Résultat : les annonces trop ambitieuses ne se vendent plus, et les délais moyens s’allongent dès que le prix n’est pas aligné avec le marché.

La reprise reste donc sous tension : elle dépendra de la poursuite de l’assouplissement du crédit, du réalisme des vendeurs et de la dynamique économique de fin d’année. La crise appartient au passé — mais pas de quoi, pour autant, crier victoire.

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