Vagues de chaleur plus fréquentes, sécheresses, pluies intenses, submersions marines…Le changement climatique ne touchera pas la France de manière uniforme. Selon l’ADEME (Agence de la transition écologique), les risques climatiques auxquels seront exposés les bâtiments à l’horizon 2050 seront différents selon les territoires.
Et cette diversité climatique impose une évidence, on ne construira plus partout pareil.
Pourquoi le climat bouleverse les choix des matériaux
Les travaux de l’ADEME sur l’adaptation des bâtiments au changement climatique mettent en évidence plusieurs risques majeurs à l’horizon 2050 :
- les vagues de chaleur, qui devraient devenir plus fréquentes et plus intenses ;
- les sécheresses et le retrait-gonflement des argiles, qui fragilisent notamment les fondations des bâtiments ;
- les inondations et les épisodes de pluies intenses ;
- les submersions marines, dont le risque augmentera sur les zones littorales exposées.
L’ADEME souligne également que la vulnérabilité des bâtiments dépend de leurs caractéristiques : matériaux utilisés, façades, toitures, fondations ou encore conception générale.
Face à ces évolutions, les techniques constructives et les matériaux doivent être adaptés aux contraintes climatiques propres à chaque territoire.
À partir de ces contraintes climatiques, certains matériaux et techniques constructives apparaissent plus adaptés selon les caractéristiques de chaque région.
1 - Le Sud (Sud-Ouest, Provence, Occitanie) : innover avec l’inertie des matériaux traditionnels
Le Sud va affronter des chaleurs extrêmes cumulées, une exposition forte au soleil, des sécheresses longues et des risques accrus de fissures liées aux argiles.
Les matériaux les plus adaptés sont ceux capables de stocker la fraicheur, de résister aux choc thermiques et de supporter les sols mouvants.
La pierre naturelle : la championne de la fraîcheur
Matériau emblématique de la Provence, du pays Basque et des maisons occitanes, elle possède une inertie exceptionnelle. Elle protège de la chaleur au coeur de l’été, régule la température et résiste à la sécheresse et aux variations thermiques.
La brique de terre cuite : idéale pour les écarts jour/nuit
Très utilisé à Toulouse et dans tout le Sud-Ouest, elle garde la fraîcheur, stocke la chaleur la journée et la libère la nuit et supporte très bien les variations climatiques
La terre crue : un matériau d’avenir qui vient du passé
Déjà présente traditionnellement dans le Sud et le Rhône-Alpes, la terre crue offre une inertie thermique exceptionnelle, un impact carbone très faible et une bonne tolérance aux mouvements du sol
Le bois : souple, renouvelable, performant
Le bois s’adapte bien aux régions à forts risques RGA car il est plus souple qu’un mur minéral, absorbe les microdéformations et offre un excellent confort d’été avec une isolation adaptée.
Les tuiles canal : le toit conçu pour le soleil
Leur forme incurvée crée un coussin d’air qui ventile naturellement la toiture, évitant la surchauffe.
2 - Le Nord (Bretagne, Normandie, Hauts de France) : lutter contre l’humidité, le vent et les pluies intenses
Dans ces régions, les défis principaux sont le vent, le froid, la salinité, une forte hygrométrie, des pluies régulières et des risques d’inondation. Les matériaux doivent être robustes et très protecteur.
Le granite, schiste : solide et étanches
Ces pierres bretonnes et normandes résistent à l’humidité et aux embruns, supportent parfaitement les chocs climatiques et évitent les infiltrations dans les murs.
L’ardoise : le toit taillé pour les tempêtes
Avec sa légèreté et sa faible prise au vent, l’ardoise est idéale pour les pluies battantes, les vents violents et les toitures à forte pente qui facilitent l’écoulement rapide de l’eau.
La brique nordique : isolation et durabilité
Utilisée dans les Hauts-de-France, elle réside très bien à l’humidité, offre une bonne isolation pour un climat plus froid et limite les risques de moisissures.
La bardage bois : protecteur et respirant
Parfait pour les côtes exposées, il laisse respirer les murs, protège du vent et fonctionne très bien sur des constructions en ossature bois ou mixte.
3 - Littoraux français : matériaux résistants au sel et aux submersions
Que l’on soit en Bretagne, en Vendée ou en Méditerranée, les matériaux doivent encaisser le sel, les infiltrations, l’érosion côtière et les tempêtes régulières.
Les matériaux adaptés à ces régions sont les pierres calcaires ou granitiques, les tuiles en terre cuite ou ardoise, les enduits à la chaux et les structures surélevées ou pilotis dans les zones à risques.
Chaque matériau répond à un besoin climatique spécifique. Le changement climatique accélère ce que les bâtisseurs savaient depuis toujours : on construit mieux quand on construit avec le climat.
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