Plan d’électrification : quels logements vont prendre de la valeur ?

Fin du gaz, aides recentrées : le gouvernement veut faire entrer l’immobilier dans l’ère de l’électrification.
Fin du gaz, aides recentrées : le gouvernement veut faire entrer l’immobilier dans l’ère de l’électrification.
Wikideas1 Wikimedia commons

Réduire les énergies fossiles et la dépendance aux crises. C’est dans ce contexte que le gouvernement a présenté 22 mesures pour accélérer l’électrification d’ici 2035. Le logement n’est pas mis de coté : dès le 1er janvier prochain, les chaudières à gaz seront interdites dans les constructions neuves. MaPrimeRénov’ ne financera plus, à partir du 1er septembre, les rénovations d’ampleur qui conservent un chauffage au gaz dans les maisons individuelles.

Objectif pour l’exécutif : organiser la sortie du gaz, rediriger les particuliers vers les équipements électriques et redéfinir, pour le logement, les normes du futur. Pour ce faire, il prévoit de sélectionner d’ici l’été une centaine de “territoires d’électrification”, chargés d’accélérer localement la bascule.

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Des logements déjà alignés avec la bascule électrique

Un nouveau cadre, de nouvelles normes, et un vainqueur qui se détache : les logements neufs ou récents conçus sans gaz (pompe à chaleur, chauffage électrique performant, réseaux de chaleur bas carbone). Ceux‑là sont déjà compatibles avec l’objectif gouvernemental et les aides publiques qui vont avec. Les logements anciens qui ont déjà tourné le dos au gaz tirent également leur épingle du jeu. Avec isolation renforcée, changement de système de chauffage et étiquette énergétique correcte, les maisons et appartements rénovés valident eux aussi les nouvelles normes voulues par le gouvernement.

À l’inverse, pour les logements, maisons comme appartements, chauffés au gaz, la donne s’annonce plus compliquée. Pour bénéficier pleinement de MaPrimeRénov’ dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, il ne suffira plus d’isoler ou de changer les fenêtres : il faudra aussi abandonner le chauffage au gaz. Conserver une chaudière fossile, ce sera accepter un coût global de projet plus lourd à absorber. Pour les logements au gaz déjà mal classés au DPE, ces nouvelles règles ajoutent une contrainte de plus. 

Un plan politique qui assume la fin du gaz

Au‑delà des gagnants et des perdants, le plan du gouvernement marque surtout un choix politique assumé. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de flambées récurrentes des prix de l’énergie, le message de l’exécutif est clair : faire du chauffage électrique la norme de l’habitat. L’exclusion du gaz de tous les permis de construire déposés à partir du 1er janvier 2027, y compris pour les systèmes hybrides, ferme la dernière porte laissée ouverte par la RE2020. Dans le même esprit, MaPrimeRénov’ est recentrée : une rénovation d’ampleur aidée ne pourra plus déboucher sur une maison individuelle chauffée au gaz.

Les premiers retours de terrain seront rapides grâce à la centaine de territoires d’électrification qui doivent accélérer la bascule. Sans pour autant redéfinir les règles ils pourront anticiper les dynamiques de marché à venir. Là où la sortie du gaz sera la plus rapide, la revalorisation des biens déjà électrifiés pourrait s'accélérer en premier. Les mesures du gouvernement n’auront sans doute pas un impact immédiat sur les prix, mais elles modifient silencieusement les critères qui font la valeur d’un bien. Peu à peu, c’est une France à deux vitesses qui se dessine : d’un côté, des logements connectés au gaz, qui prennent le risque de sortir du cœur du marché ; de l’autre, des biens déjà au diapason d’un pays électrifié, alignés sur les nouveaux standards.

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