Mipim 2026 : un « plan de choc » pour relancer le résidentiel ?

L’exécutif promet 2 millions de logements d’ici 2030. Suffisant pour convaincre des investisseurs devenus très sélectifs ?
L’exécutif promet 2 millions de logements d’ici 2030. Suffisant pour convaincre des investisseurs devenus très sélectifs ?
News Oresund, CC BY 2.0 Wikimedia commons

Quoi de mieux que le Mipim pour relancer le résidentiel ? Le gouvernement a choisi le Marché international des professionnels de l’immobilier, à Cannes, pour détailler un plan de choc. Ainsi, le ministre au Logement, Vincent Jeanbrun, a détaillé sa feuille de route. Objectif : débloquer un marché en panne alors que les mises en chantier sont en baisse et que les crédits se font rares. Au cœur de son discours, une promesse : 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030, soit 400 000 par an. Le projet est qualifié de « radical » par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Pour y parvenir, le gouvernement table sur trois axes. Dans un premier temps, sécuriser les loyers pour rassurer les propriétaires et faire revenir les investisseurs, notamment institutionnels. Ces derniers ont été refroidis par la montée des impayés et l’instabilité réglementaire. Ainsi, il est prévu par les autorités de nouveaux outils pour limiter le risque dans le locatif et faciliter la résiliation des contrats en cas d’impayés excessifs. Une promesse qui, comme l’espère l’exécutif, doit donner un peu plus de visibilité à des investisseurs nettement plus exigeants.

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Nouvelle règle pour coût moindre ?

Second axe : stabiliser un cadre réglementaire jugé trop changeant. Après des années de yo‑yo avec les normes, le gouvernement annonce des « ajustements » de la RE2020 (réglementation environnementale). Le but : contenir les surcoûts de construction et maintenir les objectifs de décarbonation. En d’autres termes : rendre les opérations neuves à nouveau finançables, alors que de nombreux programmes ont été gelés ces derniers mois.

Aussi, un nouveau dispositif d’investissement locatif devrait voir le jour. Appelé à prendre le relais du mécanisme Pinel, il est présenté comme un statut de bailleur privé. Pensé pour être plus lisible, il doit permettre d’amortir le bien sur plusieurs années en échange d’engagements de location. Pour l’exécutif, c’est une manière de remettre le résidentiel au goût du jour pour les épargnants. Le gouvernement table sur 50 000 logements locatifs privés par an et 125 000 logements sociaux, via un soutien renforcé aux bailleurs publics.

Reste une inconnue : l’objectif que veulent atteindre les autorités est‑il réaliste ? Permis en chute, coûts de construction élevés, acheteurs comme promoteurs sur la défensive : le marché connaît un vrai trou d’air. Au même moment, le capital se redéploie vers des dossiers jugés plus lisibles, comme les résidences étudiantes, les logements pour seniors ou le coliving. Dans ce contexte, la trajectoire affichée par le gouvernement paraît loin d’être acquise.

Un pari sur le retour des institutionnels ?

En quelque sorte, le gouvernement se lance un défi. Avec un risque locatif mieux maîtrisé, des règles qui se stabilisent et des délais administratifs raccourcis, les investisseurs (encore plus s’ils sont institutionnels) pourraient faire leur retour sur le résidentiel. Dans ce sens, « le choc de simplification » des permis de construire, avec la promesse d’instruire plus vite, de limiter les recours abusifs et de fluidifier les contacts entre collectivités, aménageurs et promoteurs, arrive à point nommé pour répondre aux interrogations.

Face aux volontés gouvernementales, il y a la réalité du marché. Pour les investisseurs du secteur, le résidentiel reste attractif… « à condition ». Autrement dit, les critères sont de plus en plus stricts. La localisation du logement, son empreinte carbone, des loyers prévisibles et une fiscalité stable font partie des exigences les plus fortes. Reste donc au gouvernement à transformer l’essai et à valider l’objectif des 2 millions de logements d’ici 2030.

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