Plus chers, plus vite. Depuis le début de la guerre au Moyen‑Orient, le coût des matériaux de construction repart à la hausse. Produits bitumineux, plastiques, isolants, métaux : tout ce qui dépend directement du pétrole ou de l’énergie augmentent rapidement. Les prix s’envolent : les organisations professionnelles parlent de hausses « entre 2,5% et 20% selon les matériaux », avec des pics pour les produits dérivés du pétrole. La Fédération française du bâtiment, elle, évoque jusqu’à +15% sur le coût de certains matériaux de construction. Une fois ces hausses répercutées dans les devis, l’addition grimpe de 5% à 10% pour les chantiers les plus exposés.
Après la pandémie de Covid, puis la guerre en Ukraine, le conflit au Moyen‑Orient ajoute une couche de tension sur les prix. Les conflits se multiplient et bousculent les courbes de l’énergie. Le détroit d’Ormuz est au cœur de cette nouvelle donne. Au bout de la chaîne, le consommateur découvre un devis qui gonfle, parfois en quelques semaines seulement.
Le Sénat saisit, les Français inquiets
Une situation qui a retenu l’attention du Sénat. La chambre haute a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence. À l’origine de cette démarche, le sénateur du Morbihan Yves Bleunven, qui dit vouloir « mobiliser pleinement les outils que la loi met à notre disposition pour objectiver le fonctionnement des marchés et, en l’espèce, trouver des solutions contre une crise du logement qui frappe durement nos concitoyens dans leurs parcours de vie ». Objectif concret : analyser le fonctionnement des marchés des matériaux de construction.
En sous‑texte, les sénateurs veulent savoir si les hausses observées sont uniquement la conséquence de la crise géopolitique et de l’envolée des coûts de l’énergie, ou si certains acteurs du secteur en profitent pour pratiquer les fameux « effets d’aubaine ». En d’autres termes : augmenter davantage que nécessaire ou maintenir des tarifs élevés même si les coûts finissent par se détendre. L’Autorité doit se pencher sur la structure de ces marchés, le poids de quelques grands groupes, les relations entre industriels, négociants et entreprises du bâtiment, puis formuler des recommandations. Une manière aussi, pour l’État, de montrer qu’il reprend la main sur un sujet qui pèse lourd dans la crise du logement.
Pour le particulier, il y a urgence. Les conséquences sont très concrètes pour son quotidien. Les produits les plus touchés, ceux qui dépendent du pétrole, le bitume par exemple utilisé pour l’étanchéité de certaines toitures, les plastiques des canalisations, les isolants ou encore les revêtements de sol. Sur le papier, deux options s’offrent aux Français : le devis a été signé à prix ferme et l’entreprise doit le respecter. Mais si des clauses de révision ont été insérées dans le contrat, un avenant à la hausse qui tient compte des hausses est dans ce cas proposé.
Un contexte mouvant où la seule chose qui ne doit pas bouger, c’est la clarté du contrat. Mieux vaut donc vérifier la durée de validité du devis et le cas échéant demander quels indices du marché ou quelles factures s’appuieront les hausses. Pendant ce temps le Sénat et l’Autorité de la concurrence vont devoir se pencher sur la flambée actuelle. Leur conclusion donnera une idée aux Français : paient‑ils la situation géopolitique mondiale ? Ou bien plus encore ?
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