Une progression lente. Le marché français de la revente sort progressivement la tête de l’eau après deux années de crises. La chute des volumes provoqués par les taux de 2022-2023. Les transactions repartent donc nettement en 2025. Dans le même temps, les prix ne cessent de reculer. Les petites hausses sont rares. Certes ce n’est pas l’euphorie de 2021 mais le marché de l’ancien entre dans une phase de réactivation dont profitent en priorité les ménages occupants.
Selon les Notaires de France, 2025 s’est terminée avec environ 930 000 à 945 000 ventes de logements anciens. Loin des chiffres désastreux de 2024 qui peinait à atteindre les 845 000 transactions. Le rebond se situe autour de 11 à 12% sur une année. À fin septembre 2025, le cumul sur douze mois atteignait déjà 921 000 ventes, soit +11% par rapport à septembre 2024, et l’administration recensait 916 000 transactions sur douze mois fin août. En résumé : la vague de paralysie liée à la remontée des taux semble être un lointain souvenir, même si l’activité reste en‑dessous du record de 1,23 million de ventes de 2021.
Les prix cessent de baisser et se stabilisent
Côté prix, changement de cycle également. Après une baisse d’environ 3,5% sur douze mois en 2023, puis une quasi‑stagnation en 2024 (‑0,4%), les prix des logements anciens progressent légèrement en 2025, autour de +0,8% sur un an au 1er janvier 2026. L’indice Notaires‑Insee montre des valeurs stables au troisième trimestre 2025 par rapport au deuxième, avec une hausse annuelle de 0,7–0,8%. Une confirmation de la fin de la phase de correction sans déclencher pour autant une nouvelle bulle.
Sur l’année, les spécialistes évoquent des prix globalement stables, avec des disparités marquées selon les territoires. L’avantage est donnée aux appartements par rapport aux maisons.
Ainsi, entre septembre 2024 et septembre 2025, les prix des appartements anciens gagnent environ 1,3% sur un an, contre seulement 0,2% pour les maisons. La traduction, en quelques sorte d’une demande recentrée sur les coeurs urbains et les bien adaptés à l’occupation. Les primo‑accédants profitent de cette nouvelle donne : la stabilisation des taux et l’ajustement des prix depuis 2022 leur permettent de revenir sur le marché, notamment sur les petites et moyennes surfaces bien situées. Les secundo-accèdent profitent, eux du moment pour “monter en gamme”. Ainsi, ils revendent leur ancien bien, encaissent la plus value accumulée ces dernières années et s’offrent un logement plus grand et bien placé. Direction les grandes villes, en règle générale, où les appartements repartent le plus vite.
Une reprise réelle mais encore fragile
Pour les investisseurs, la prudence est de mise. Nouvelles normes énergétiques, fiscalité jugée lourde et cout de crédit encore elevé, le temps est à une sélection drastique. Sont ainsi ciblés les appartements plein-centre offrant une bonne rentabilité locative et des travaux à couts maitrisés. Le bilan immobilier 2025 des Notaires de France décrit un marché “en convalescence”, avec un redémarrage progressif dans l’ancien mais des niveaux encore éloignés des sommets pré‑crise.
Les projections pour la fin 2025 et le début 2026 tablent sur des hausses modérées, autour de +2% par an pour les appartements, et d’environ +1% en province (+2,1% en Île‑de‑France) pour les maisons, soit un scénario de reprise sans surchauffe.
Si la dynamique pour 2026 apparait réelle, elle est encore fragile. Les volumes se redressent, les prix ne baissent plus et les ménages occupants – primo comme secundo‑accédants – redeviennent les moteurs du marché de seconde main. Mais cette amélioration reste très dépendante des conditions de crédit et du pouvoir d’achat des ménages : un nouveau choc sur les taux ou sur l’économie pourrait suffire à casser l’élan. La reprise doit donc être consolidée.
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