Municipale à Paris: des candidats divisés face à la crise du logement

Loyers records, demande sociale saturée, fiscalité en débat : les candidats à Paris avancent des remèdes radicalement différents.
Loyers records, demande sociale saturée, fiscalité en débat : les candidats à Paris avancent des remèdes radicalement différents.
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La situation est connue. Paris reste, de loin, la ville la plus chère de France, et l’une des capitales les plus onéreuses d’Europe. Avec un écart d’environ 177 % par rapport à la province, la capitale n’a pas d’égale dans le pays. À l’abri de la tour Eiffel, le loyer moyen frôle 1 150 € pour à peine 30 m², soit près de 40 €/m² à l’automne 2025, en hausse d’environ 6,7 % sur un an. En parallèle, Paris dépasse déjà les 25 % de logements sociaux prévus par la loi SRU et vise 30 % d’ici 2035. Sur le papier, l’objectif est ambitieux. Dans les faits, près de 270 000 foyers restent en attente d’un logement social. Une tension extrême, alors que les Parisiens peinent encore à digérer la hausse de 52 % de la taxe foncière en 2023.

Encadrement des loyers : le clivage frontal

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C’est l’un des points qui cristallisent le plus les divergences. L’encadrement des loyers est en vigueur dans les 20 arrondissements de la capitale, avec des loyers de référence fixés chaque année par arrêté préfectoral. Emmanuel Grégoire, candidat d’union de la gauche et ancien premier adjoint, veut aller plus loin en créant une « brigade de protection du logement » chargée de contrôler les compléments de loyer abusifs et les meublés touristiques illégaux.

Sophia Chikirou (LFI – Nouveau Paris Populaire) promet, elle, de « baisser les loyers », de renforcer strictement l’encadrement et d’instaurer un moratoire sur les nouveaux meublés touristiques, avec l’identification d’environ 25 000 annonces Airbnb illégales.

À droite et au centre, la ligne est différente. D’un côté, Rachida Dati (LR – MoDem – UDI) plaide pour une sortie progressive de l’encadrement, jugé dissuasif pour les propriétaires. Pierre‑Yves Bournazel (Horizons, soutenu par Renaissance) avance, lui, une voie intermédiaire avec un « pack 100 % garanties » (garantie loyers + caution) destiné à convaincre les bailleurs de remettre leurs biens sur le marché classique, complété par un crédit d’impôt municipal équivalent à 50 % de la taxe foncière pour les propriétaires qui rénovent un logement F ou G.

À l’extrême droite, Sarah Knafo (Reconquête) promet la suppression pure et simple de l’encadrement, tandis que Thierry Mariani (RN – UDR) veut également y mettre fin, avec une libéralisation progressive et une réduction du nombre de nuitées autorisées pour les locations touristiques à 60 par an.

Parc social : construire davantage ou vendre ?

Autre pierre d’achoppement, le logement social. Emmanuel Grégoire promet la création de 60 000 nouveaux logements publics, dont 30 000 sociaux et 30 000 « abordables » loués jusqu’à 25 % sous les prix du marché. Sur une ligne proche, Sophia Chikirou vise un objectif de 70 % de logements accessibles dans le parc social à l’horizon 2032.

Rachida Dati, quant à elle, se dit favorable au logement social « pour les familles et les actifs », mais refuse de dépasser le seuil de 25 % fixé par la loi SRU et veut limiter drastiquement les préemptions. Pierre‑Yves Bournazel veut stabiliser la part de logements sociaux à 25 %, tout en construisant 15 000 logements sociaux et intermédiaires par an et en vendant environ 1 000 logements sociaux par an pour financer la rénovation.

Pour l’extrême droite, l’objectif est de réduire le parc. Sarah Knafo annonce un moratoire sur toute nouvelle construction de logements sociaux et un plan d’accession à la propriété via la vente d’environ 4 000 logements sociaux par an. Thierry Mariani veut un moratoire sur le « sur‑logement social », la vente de 40 000 logements à leurs occupants et la baisse de la taxe foncière.

Enfin, les candidates d’extrême gauche Blandine Chauvel (NPA), Marielle Saulnier (Lutte ouvrière) et Mahel Pierot‑Guimbaud (Parti des travailleurs) plaident pour la réquisition des logements et bureaux vides, l’interdiction des expulsions et une construction massive de logements « vraiment bon marché ».

Les élections municipales ont lieu les 15 et 22 mars 2026.

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