Municipales à Lyon : ce que promettent les candidats sur le logement

Encadrement des loyers, réquisitions et choc d’offre, les têtes de liste à Lyon affichent des réponses très différentes.
Encadrement des loyers, réquisitions et choc d’offre, les têtes de liste à Lyon affichent des réponses très différentes.
GTRES

C’est sur fond de crise du logement que se déroulent les municipales à Lyon. La capitale des Gaules fait partie des marchés les plus tendus de France : la demande explose, l’offre recule et le neuf reste en grande difficulté, avec un peu plus de 2 100 logements produits en 2025, soit encore jusqu’à 65 % de moins qu’avant 2019. Les prix dans l’ancien tournent toujours autour de 4 500 €/m² malgré une légère baisse depuis 2020, tandis que l’encadrement des loyers a été reconduit.

Encadrement des loyers, point dur du débat

Publicité

C’est justement sur ce point que s’écharpent les principaux candidats à la municipale de Lyon. Le maire sortant, Grégory Doucet (Union de la gauche / écologistes), défend le dispositif et promet de le consolider. Un outil qu’il juge nécessaire alors que les loyers restent élevés malgré une légère correction des prix dans l’ancien.

De l’autre côté, Jean‑Michel Aulas (Cœur lyonnais, soutenu par la droite et le centre) veut « désencadrer les loyers » et remplacer le système par une charte obligatoire de modération assortie de contrôles ciblés.

Le temps est au durcissement pour Anaïs Belouassa‑Cherifi. La candidate LFI souhaite l’interdiction des compléments de loyer, le renforcement de l’accompagnement des locataires face aux bailleurs et la création d’un observatoire du mal‑logement et de la spéculation.

Alexandre Humbert Dupalais (UDR/RN) dénonce, quant à lui, des « dispositifs soviétiques » et défend la sortie des régulations, misant sur la « liberté économique » pour faire revenir les investisseurs.

Service public du logement ou choc d’offre privé ?

Pour sortir de cette situation de crise, Grégory Doucet propose notamment de créer un « service public du logement » municipal pour mieux sécuriser les parcours résidentiels. Il promet aussi une garantie de loyer municipale, où la Ville se substitue au garant, ainsi qu’une assurance habitation municipale pour faciliter l’accès au parc privé des ménages au dossier jugé fragile. Le maire sortant affiche par ailleurs un objectif de 30 % de logements sociaux à l’horizon 2040 et promet de doubler les investissements pour y parvenir.

En face, Jean‑Michel Aulas, ancien président de l’Olympique lyonnais, mise sur un « plan massif de construction et de rénovation » pour relancer l’offre, avec l’objectif assumé de « desserrer l’étau normatif » et de réattirer les investisseurs privés.

Programmes de rupture à gauche : réquisitions et zéro enfant à la rue

Anaïs Belouassa‑Cherifi se veut, elle, plus offensive. Elle propose la réquisition des logements vacants pour loger sans‑abri, femmes victimes de violences et enfants, ainsi qu’un refus de toute expulsion sans solution de relogement pérenne. Son programme prévoit aussi la généralisation d’un permis de louer à l’échelle de la ville pour cibler l’habitat indigne et les passoires thermiques.

Nathalie Perrin‑Gilbert, candidate divers gauche, fait de l’objectif de « n’avoir plus aucun enfant à la rue » un marqueur central de son programme en matière de logement.

Képénékian, Humbert Dupalais et l’extrême gauche face à la crise

Ancien édile de la ville, le centriste Georges Képénékian affiche un objectif de 10 000 logements pour étudiants et jeunes actifs. Une réponse alors que Lyon peine à attirer ces catégories de population, faute d’offres abordables, la Fédération des promoteurs immobiliers rappelant qu’« un recrutement sur cinq échoue » dans la métropole pour cette raison.

Côté UDR, soutenu par le Rassemblement national, Alexandre Humbert Dupalais promet de donner « priorité absolue à l’entretien et à la sécurisation des logements sociaux » indiquait‑il au Parisien/Aujourd’hui en France le mois dernier. Tout en reconnaissant que la politique du logement incombe surtout à la Métropole, le candidat veut faciliter l’accès aux logements en ciblant les habitats vacants de Lyon et s’engage aussi à annuler la hausse de taxe foncière.

Enfin, à l’extrême gauche, LO (Delphine Briday), le Parti des travailleurs (Michaël Jouteux) et le NPA (Raphaëlle Mizony) défendent la réquisition massive de logements vacants, l’arrêt des expulsions et la construction de logements sociaux très bon marché, voire la municipalisation de grands groupes immobiliers.

Les élections municipales ont lieu les 15 et 22 mars 2026.

Pour pouvoir laisser un commentaire, vous devez Vous connecter avec votre compte