Énergie : les Français traquent les économies avant l’hiver

La baisse de 15 % des tarifs d’électricité ni fait rien les foyers continue de multiplier les gestes pour réduire leur facture
La baisse de 15 % des tarifs d’électricité ni fait rien les foyers continue de multiplier les gestes pour réduire leur facture
Francesco Ungaro Pexels

Alors que les jours raccourcissent, les Français sont sur les starting-blocks. Objectif : traquer le moindre kilowatt. Si la baisse de 15 % du tarif réglementé de l’électricité au 1er février 2025, décidée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), a redonné un peu de baume au cœur, pas question pour autant de se relâcher. Isolation, appareils débranchés et contrats décortiqués sont devenus le quotidien des ménages. « J’ai pris l’habitude de faire une ronde avant d’aller me coucher pour tout débrancher. Même le Wi-Fi ! », explique Philippe, 54 ans, cadre dans la fonction publique. « Sur ma facture, j’ai pu faire des économies d’une vingtaine d’euros par mois. »

En moyenne, la facture annuelle d’un ménage au tarif réglementé (soit environ 4 400 kWh par an) baissera d’environ 190 €, selon la CRE. Un soulagement bienvenu, après un hiver 2024 marqué par la flambée des coûts de production et le retour à la normale des taxes énergétiques. Mais les spécialistes le rappellent : la baisse reste relative. L’accise sur l’électricité (ex-TICFE) a retrouvé son niveau d’avant-crise et le tarif d’utilisation des réseaux publics (TURPE) a grimpé de 7,7 % au même moment. Autrement dit, la facture allégée ne durera que si les ménages adaptent leur consommation. Résultat : les comparateurs en ligne enregistrent un bond de fréquentation. Des milliers de foyers ont revu leur contrat depuis février, souvent pour basculer vers une offre indexée sur le tarif réglementé. Et les fournisseurs redoublent d’efforts pour séduire les consommateurs, avec des simulateurs et applications de suivi encore et toujours plus précis.

Des gestes simples plutôt qu’un grand chantier

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Dans les foyers, la sobriété énergétique s’est invitée dans le quotidien. Selon une étude de l’ADEME publiée en septembre 2025, huit Français sur dix affirment avoir modifié leurs habitudes : baisser le chauffage d’un degré, débrancher les appareils en veille, mieux gérer les heures pleines et creuses. « J’ai fait un pense-bête que je mets sur le frigo », indique fièrement Martin, quadragénaire. « Je sais que je peux programmer une lessive en pleine nuit pour faire des économies. » Bonne nouvelle pour lui comme pour d'autres : à partir du 1er novembre 2025, de nouveaux horaires pour les heures creuses entrent en vigueur. Une plage supplémentaire, entre 11 h et 17 h, sera proposée dans certaines zones afin de s’adapter à la production solaire, de plus en plus utilisée dans l’Hexagone. Ces gestes, simples mais efficaces, peuvent réduire la facture de 10 à 15 % sans dépenser un centime. À titre d’exemple, baisser la température d’un seul degré équivaut à environ 7 % d’économie ; isoler ses fenêtres ou poser un joint peut faire gagner jusqu’à 100 € par an.

Les produits d’isolation légère : boudins de porte, films isolants, rideaux thermiques, se vendent d’ailleurs comme des petits pains. Les enseignes de bricolage constatent une forte hausse des ventes depuis la rentrée. Autre tendance : la vérification des abonnements. De nombreux foyers découvrent qu’ils paient pour une puissance de compteur trop élevée. « Un simple ajustement peut faire économiser 30 à 40 € par an », rappelle Service-Public.fr.
Certains ménages investissent aussi dans de petits équipements : programmateurs de chauffage, ampoules LED connectées ou multiprises coupe-veille. Des dépenses modestes, rentabilisées dès la première année.

Vers une sobriété durable

Si le choc énergétique de 2022, mal vécu par de nombreux foyers, a servi d’avertissement, l’hiver 2025 qui s’annonce marque un tournant : l’économie d’énergie devient un réflexe citoyen. Les campagnes gouvernementales, les incitations locales et la multiplication des outils de suivi (compteurs Linky, applications de suivi conso) renforcent cette tendance. Les ménages misent désormais sur des solutions abordables plutôt que sur de lourds travaux : isoler un grenier, changer un joint, vérifier la classe énergétique d’un appareil.

Et la tendance pourrait durer : la CRE anticipe un maintien des prix stables jusqu’à l’été 2026. De quoi encourager les foyers à poursuivre leurs efforts. Reste une inconnue : si une vague de froid venait à frapper le pays, qu’en serait-il de la nouvelle sobriété des Français ?

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