Comme dans beaucoup de villes, la question du logement occupe une place importante à Dijon. D’après les observateurs locaux, le prix médian s’établit autour de 2 983 €/m² tous biens confondus.
Dans le détail, l’ancien est à environ 2 715 €/m² (+1 % sur un an, +14 % sur cinq ans), alors que le neuf affiche des prix aux alentours de 3 311 €/m² (-7 % sur un an, +3 % sur cinq ans). Si les niveaux restent inférieurs à ceux des plus grandes métropoles françaises, les prix ont tout de même augmenté d’environ 20 à 25 % en dix ans. Côté logement social, la ville revendique un peu plus de 20 % de résidences principales relevant du parc social, en conformité avec le seuil de la loi SRU.
Enfin, un peu plus de 7 % des logements sont vacants et les meublés de tourisme se développent dans l’hypercentre.
Logement social : entre continuité et montée à 25 %
Maire sortante, Nathalie Koenders affiche comme priorité de maintenir le rythme de construction, y compris pour les logements sociaux. Elle met en avant l’achèvement d’opérations déjà engagées, comme la reconversion de friches ou la création de nouveaux quartiers. Ainsi, la densification est présentée comme le principal levier pour répondre à la demande de logements.
À gauche, plusieurs listes jugent ce niveau de logements sociaux insuffisant. La coalition écologiste et de gauche conduite par Michel Haberstrau estime que « se loger à Dijon à un prix abordable est devenu mission impossible » et associe la hausse de la production à la mise en place d’un encadrement des loyers. Comme d’autres listes de ce camp, il souhaite porter la part de logements sociaux à 25 %.
Olivier Minard (LFI), candidat de la liste « Dijon populaire », propose de compléter cet objectif par un interventionnisme plus marqué de la Ville : réquisitions de logements vacants et création d’une régie municipale chargée d’acheter ou de reprendre des logements pour les attribuer à des fins sociales. Une liste citoyenne conduite par Rémi Goguel met l’accent sur l’augmentation du parc de logements abordables via des dispositifs de foncier solidaire, où la collectivité reste propriétaire du terrain.
Loyers, encadrement et Airbnb
Autre point important : les loyers. D’après les données disponibles, le loyer moyen s’établit à 16 euros le mètre carré. Dans ce contexte, la coalition écologiste et de gauche propose de demander le classement de la capitale bourguignonne en zone tendue, puis d’appliquer l’encadrement des loyers dans les six mois suivant ce classement, afin de limiter les hausses et de sécuriser les locataires.
Pour les logements de courte durée (comme ceux proposés via Airbnb), Michel Haberstrau souhaite « réguler les locations de courte durée (type Airbnb) via un régime déclaratif et une limitation stricte ». La liste « Dijon populaire » s’est également dite favorable à un durcissement des règles pour les meublés touristiques. La majorité sortante met de son côté l’accent sur un renforcement des contrôles et du suivi des déclarations existantes, sans annoncer à ce stade de nouveaux plafonds chiffrés.
Vacance, réquisitions et rénovation du parc
La question des logements et bureaux vacants est un autre point de clivage. Claire Rocher (Lutte ouvrière) estime qu’il est « nécessaire de réquisitionner les milliers de logements et de bureaux vides pour les transformer en habitations pour les plus démunis », en faisant de la réquisition l’outil central de sa politique logement.
À droite, Thierry Coudert, tête d’une liste d’union des droites incluant le Rassemblement national, souhaite « saisir toutes les opportunités foncières dans le centre », en ciblant notamment les immeubles abandonnés, sans pour autant parler de réquisitions généralisées ni de hausse chiffrée du parc social.
Les élections municipales ont lieu les 15 et 22 mars 2026.
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