DPE : le gouvernement veut encore revoir le calcul ?

Selon Mediapart, le gouvernement pourrait revoir le calcul du DPE et faire sortir de nouveaux logements de l’interdiction de louer
Réforme DPE 2026
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Un nouvel ajustement à l’horizon ? Déjà réformée au 1er janvier, cette année, la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) pourrait de nouveau évoluer. C’est en tout cas ce qu’a relevé Mediapart : selon le site d’information, l’hypothèse d’un nouveau recul du coefficient figure dans le plan d’électrification de la France, avec un niveau envisagé à 1,7, présenté comme le minimum prévu par les normes européennes. Actuellement, le DPE considère qu’un kWh d’électricité “pèse” 1,9 kWh dans son calcul, en raison du coefficient appliqué depuis le début de l’année.

Selon le ministère de la Transition écologique, la France comptait encore 3,9 millions de résidences principales classées F ou G au 1er janvier 2025, soit 12,7% des résidences principales. D’après les estimations du Gouvernement, la réforme du 1ᵉʳ janvier 2026, qui revoit le calcul pour l’électricité, devait permettre à environ 700 000 logements de sortir du statut de passoire, sans travaux. Selon les simulations de la start‑up Krno, reprises par l’exécutif, un abaissement du coefficient électrique autour de 1,7 ferait, lui, sortir environ 382 000 logements supplémentaires des classes F et G, toujours sans rénovation.

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Un nouveau recalcul pour sortir des milliers de logements des classes F et G

Plus généralement, les retouches successives du DPE depuis 2021 auraient déjà “effacé” 1,5 million de passoires thermiques, soit 37% du parc initial, toujours selon Krno. Le projet d’un coefficient à 1,7 s’inscrirait dans la même logique : réduire encore le nombre de logements officiellement classés F ou G.

Pour l’exécutif, l’objectif est d’éviter qu’un grand nombre de logements peu émetteurs de CO₂, parce qu’ils sont chauffés à l’électricité, se retrouvent interdits de location à cause d’un DPE jugé trop pénalisant pour ce mode de chauffage. Le tout s’ajoute au calendrier de la loi Climat et Résilience : interdiction de louer les logements classés G depuis 2025, interdiction programmée pour les F en 2028 puis pour les E en 2034. Dans un contexte de crise du logement et d’offre locative déjà sous tension, le gouvernement cherche à limiter les interdictions en chaîne, tout en concentrant officiellement son action sur la rénovation des logements les plus émetteurs.

Une bonne nouvelle… mais pour qui ?

Ce nouveau recul du coefficient arrive à point nommé pour une partie des propriétaires. Alors qu’ils vivaient sous la menace de ne plus pouvoir louer ou d’être soumis à un gel des loyers, le simple recalcul du DPE peut changer la donne pour eux : un logement qui restait difficile à chauffer au quotidien peut remonter d’une ou deux classes sur le papier et sortir du statut de passoire, sans le moindre chantier.

Pour les locataires, c’est une autre histoire. L’ajustement du DPE valorise mieux les logements chauffés à l’électricité par rapport à ceux qui fonctionnent au gaz ou au fioul et reflète davantage la baisse des émissions de CO₂ du mix français. Mais il ne règle pas la question des passoires thermiques du point de vue du confort et de la facture. Un ménage pourra se retrouver dans un logement toujours difficile à chauffer, alors même que l’étiquette a gagné quelques lettres grâce au seul jeu des coefficients. Ce débat n’est pas nouveau. Lorsque le coefficient est passé de 2,3 à 1,9, plusieurs acteurs de la transition énergétique avaient déjà alerté sur un risque de “verdissement” statistique.

Devenu au fil du temps un argument central d’achat et de location, le DPE pourrait donc connaître une nouvelle mise à jour pour se rapprocher des standards européens. Une façon, pour le gouvernement, de ne pas disqualifier trop vite certains propriétaires alors qu’il est de plus en plus difficile de loger les Français.

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