Bureaux vides à La Défense, levier clé du projet « Relance logement »

Dans le quartier d'affaires, l’État veut transformer des centaines de milliers de m² de bureaux vacants en logements.
À La Défense, l’État veut transformer des centaines de milliers de m² de bureaux vacants en logements.
Edison McCullen Wikimedia commons

C’est un levier que le ministre du Logement veut clairement actionner. À l’heure du télétravail, la France compte plus de 9millions de m² de bureaux inoccupés dans le parc marchand, plus de la moitié étant située en Île-de-France. Une partie ne correspond plus aux besoins des entreprises: certaines tours ont vieilli, les plateaux sont surdimensionnés et les nouvelles exigences environnementales sont passées par là.

Alors que le gouvernement vise la construction et la rénovation de 2millions de logements d’ici 2030, ces mètres carrés vides apparaissent comme un gisement pour «reconstruire la ville sur la ville» plutôt que d’ouvrir de nouveaux terrains à l’urbanisation. «L’idée, c’est de produire du logement partout, pour tous», résumait Vincent Jeanbrun sur BFM Business dès janvier.

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Côté chiffres, la reconversion des locaux professionnels reste pourtant un complément, pas un moteur. Sur la dernière décennie, malgré une montée en puissance dans les grandes métropoles, la transformation de bureaux ou d’autres locaux d’activité ne représente qu’une faible part de la production totale de logements. Et tous les immeubles tertiaires ne sont pas transformables : l'Observatoire régional de l'immobilier d'entreprise (ORIE) estime que seuls 15 % à 20 % des bureaux vides seraient convertibles en logements de manière rentable.

Des textes existent déjà pour accélérer ces reconversions, à commencer par la loi Daubié adoptée en 2025 sur la transformation de bureaux en logements. Le projet «Relance logement» veut amplifier le mouvement, simplifier encore les procédures d’urbanisme et renforcer les incitations pour que davantage de mètres carrés tertiaires puissent être recyclés en appartements.

La Défense, laboratoire de la transformation

Exemple le plus emblématique : La Défense. Le quartier d’affaires parisien est érigé par le gouvernement en quartier pilote de ces transformations, voire en porte‑drapeau. Symbole de la France du tertiaire des années 1970-2000, il est aujourd’hui l’exemple type de la vacance record. Il compte déjà plus de 500000 m² de bureaux vacants, soit près de 14,5% du parc, selon les données de Knight Frank, spécialiste du marché des bureaux franciliens.

Paris La Défense, l'aménageur du quartier, et l'État ont donc engagé une stratégie de mutation. Axe prioritaire : transformer environ 450 000 m² de bureaux en nouveaux usages, dont une part significative dédiée à l'habitat. Les premières estimations évoquent la création d'environ 3 000 appartements, ainsi que plusieurs milliers de mètres carrés d'équipements publics (écoles, crèches, services de proximité) pour accompagner l'arrivée de nouveaux habitants.

Le projet de loi «Relance logement» consacre un article spécifique à la transformation du quartier. Il renforce les capacités d’action de Paris La Défense pour faire évoluer le site. L’idée est que ce laboratoire grandeur nature permette de tester la combinaison de plusieurs outils : adaptation des règles d’urbanisme, coopération étroite entre État, collectivités et opérateurs, mobilisation de dispositifs fiscaux pour rendre ces reconversions économiquement viables.

En pratique, transformer des bureaux en logements n’est pas une solution miracle : il y a un gisement limité, des travaux coûteux et des règles parfois lourdes. Le projet «Relance logement» devra montrer qu’il peut quand même accélérer ce type d’opérations, sans abîmer les quartiers ni renoncer à l’objectif de préserver le foncier. À La Défense, l’enjeu est assez simple : faire d’un quartier de tours de bureaux un endroit où l’on vient aussi habiter, et pas seulement travailler.

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