Les grandes villes françaises ont très largement choisi la stabilité fiscale en 2026. Aucune commune de plus de 100 000 habitants n’a relevé ses taux. Seules onze villes de 40 000 à 100 000 habitants ont augmenté leur fiscalité communale. Certaines hausses restent toutefois particulièrement marquées.
Une stabilité fiscale déjà observée les années précédentes
En cette année de renouvellement municipal, les grandes collectivités ont peu utilisé le levier fiscal. Selon une étude du cabinet FSL consacrée aux communes de plus de 40 000 habitants, les taux des taxes pesant sur les ménages ont même reculé de 0,2 % en moyenne dans les villes de plus de 100 000 habitants.
Le choix de maintenir les taux s’inscrit dans une tendance déjà bien installée. En 2025, 86,3 % des communes avaient reconduit leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties. Entre 2021 et 2024, cette proportion se situait déjà entre 82,1 % et 84,7 %.
Les hausses se concentrent donc dans les communes comptant entre 40 000 et 100 000 habitants. Dans cette catégorie, douze territoires ont relevé leur fiscalité, dont onze communes.
Quelles villes ont augmenté leur taux communal ?
La hausse la plus importante est enregistrée à Mamoudzou, à Mayotte, où le taux communal progresse de 95 %. Aulnay-sous-Bois arrive ensuite avec +29,9 %, devant Montrouge (+25 %) et Fréjus (+22,4 %).
- Mamoudzou (Mayotte) : +95 %
- Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : +29,9 %
- Montrouge (Hauts-de-Seine) : +25 %
- Fréjus (Var) : +22,4 %
- Ajaccio (Corse-du-Sud) : +19 %
- Clamart (Hauts-de-Seine) : +16,9 %
- Drancy (Seine-Saint-Denis) : +14,1 %
- Bastia (Haute-Corse) : +13,7 %
- Baie-Mahault (Guadeloupe) : +13,7 %
- Les Abymes (Guadeloupe) : +9,3 %
- Courbevoie (Hauts-de-Seine) : +2,5 %
Ces pourcentages correspondent uniquement à l’évolution du taux communal. Ils ne signifient pas que la facture finale de taxe foncière augmentera dans les mêmes proportions. Son montant dépend aussi de la valeur locative cadastrale du bien, des éventuels taux appliqués par l’intercommunalité et de taxes annexes, comme la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Même sans hausse du taux, la taxe foncière peut progresser
Un taux communal inchangé ne signifie pas malgré tout que la facture restera identique.
Les valeurs locatives cadastrales, qui servent de base au calcul de la taxe foncière, sont revalorisées automatiquement chaque année en fonction de l’inflation. En 2026, cette hausse est fixée à 0,8 %.
À cela peuvent s’ajouter les décisions prises par l’intercommunalité ou l’évolution de certaines taxes annexes. Un propriétaire peut donc voir sa taxe foncière augmenter même si sa commune n’a pas relevé son propre taux.
4 731 communes ont augmenté leur taux en 2026
La situation observée dans les grandes villes ne reflète pas totalement celle de l’ensemble du territoire.
Selon les données de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), 4 731 communes sur 34 841 ont augmenté leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties en 2026, soit 13,6 %. À l’inverse, 29 893 l’ont maintenu et 217 l’ont diminué.
Les hausses sont donc beaucoup plus fréquentes parmi les communes de petite taille que dans les grandes villes, où les augmentations restent exceptionnelles cette année.
Nice fait le choix inverse
Une grande ville se distingue dans le sens opposé : Nice. La municipalité a diminué son taux communal de 13,2 % en 2026, après une hausse de 19 % en 2024.
Pour les propriétaires, l’évolution réelle de la taxe foncière dépend donc à la fois des décisions prises localement et de la revalorisation nationale des bases cadastrales.





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