Amancio Ortega vise Capital 8, méga‑deal en vue à Paris ?

Le fondateur de Zara négocie l’achat du complexe de bureaux Capital 8 pour environ 850 millions d’euros, selon Bloomberg.
Le fondateur de Zara négocie l’achat du complexe de bureaux Capital 8 pour environ 850 millions d’euros, selon Bloomberg.
SplashNews.com GTRES

Amancio Ortega va‑t‑il réaliser le méga‑deal de l’année à Paris ? Selon Bloomberg, le fondateur de Zara s’apprête à frapper un grand coup. Son entreprise familiale, Pontegadea, serait entrée en négociations exclusives pour acheter Capital 8, un ensemble de bureaux situé au cœur du très huppé 8ᵉ arrondissement de Paris. Montant évoqué par le média : environ 850 millions d’euros. L’opération n’est pas encore signée, mais si elle se concrétise, elle pourrait devenir l’une des plus grosses transactions de bureaux en Europe depuis 2022, dans un marché plutôt calme.

Côté chiffres, l’immeuble offre environ 45 000 m² de bureaux modernes, occupés à près de 95% par des sociétés financières, des cabinets d’avocats et plusieurs représentations diplomatiques. Situé au 32 rue Monceau, son entrée entièrement vitrée se trouve à quelques pas du parc Monceau, l’un des jardins emblématiques de la capitale. Bordée de bureaux et d’immeubles d’habitation, la rue aligne plusieurs restaurants et bistrots typiquement parisiens. Détenu par l’américain Invesco Real Estate, Capital 8 pourrait bientôt passer sous pavillon espagnol si les négociations aboutissent.

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Avec Ortega, une machine à investir : Pontegadea

Derrière ce possible achat, c’est toute une stratégie immobilière qui se dessine pour le patron d’Inditex, maison mère de Zara. Tout passe par sa société de gestion de patrimoine familiale, Pontegadea, le « family office » grâce auquel l’homme le plus riche d’Espagne a patiemment constitué un portefeuille d’immeubles de bureaux et de commerces dans des villes comme Londres, New York, Madrid ou Paris. Dans la capitale, d’ailleurs, Pontegadea avance à pas feutrés depuis plusieurs années : la holding s’est offert au fil du temps plusieurs immeubles dans le cœur de la Ville lumière.

Objectif pour l’homme d’affaires : sécuriser des revenus locatifs stables sur le long terme tout en diversifiant sa fortune. Ces actifs ne sont d’ailleurs pas choisis au hasard. Bien situées, rénovées et bien louées, ces acquisitions sont pensées sur la durée, avec l’idée de conserver les immeubles plusieurs années, voire plusieurs décennies, en misant sur l’attractivité durable des villes concernées et sur la solidité des locataires.

Une transaction géante dans un marché en plein ralentissement

Dans tous les cas, ce projet d’investissement intervient dans un marché européen agité. Hausse des taux, baisse des valorisations, montée du télétravail : depuis 2022, le secteur des bureaux est en pleine mutation. Conséquence, les volumes d’investissement ont reculé en Europe. Les montants engagés dans les bureaux sont passés d’environ 90 milliards d’euros en 2022 à 39 milliards en 2023, un plus bas inédit depuis la crise de 2008, selon BNP Paribas Real Estate. La reprise amorcée depuis reste timide et très sélective.

Le marché de l’Île‑de‑France se montre toutefois plus résilient : 5,6 milliards d’euros y ont été investis en bureaux en 2025, en hausse de 57% sur un an, dont plus des trois quarts dans Paris intra‑muros. Une dynamique tirée par une poignée de transactions hors norme sur des actifs d’exception, à l’image du centre d’affaires Paris Trocadéro, avec vu imprenable sur la Tour Eiffel, repris par Blackstone pour environ 700 millions d’euros fin 2025.

Le potentiel rachat de Capital 8 par Pontegadea viendrait dépasser ce montant. Il confirmerait qu’en dépit de la crise du secteur, les bureaux restent une classe d’actifs recherchée… à condition d’avoir les épaules pour signer des chèques de plusieurs centaines de millions d’euros.

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