À l’heure où les grues se font plus rares, où les chantiers reculent, où les files d’attente s’allongent pour un logement social et où les loyers ne cessent de grimper dans de nombreuses villes françaises, la Fondation Palladio a dégainé sept propositions pour changer la donne. Créée en 2008 par des professionnels de l’immobilier et abritée par la Fondation de France, elle se présente comme un laboratoire d’idées sur la ville de demain, mêlant mécénat, formation et influence au service de la filière.
Réunis à la mi‑juin à Versailles, les professionnels du secteur ont présenté, en présence du ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun, une série de propositions. Objectif affiché : « relancer la construction » et « régénérer la ville », alors que les yeux sont déjà tournés vers l’élection présidentielle au printemps prochain.
Mieux coordonner et aller plus vite
Dans le détail, la fondation avance un paquet de mesures qu’elle présente comme « concrètes, finançables et applicables rapidement ». Premier volet : mieux organiser et piloter les constructions. Elle propose de créer une « instance commune » réunissant l’État, les collectivités et les acteurs privés, afin d’harmoniser les politiques de logement sur tout le territoire. À l’échelle des villes et des quartiers, des « comités d’initiative économique locale » rassembleraient élus, promoteurs, bailleurs et habitants pour débloquer les projets jugés prioritaires.
Dans le prolongement des Jeux olympiques organisés il y a deux ans, la fondation souhaite généraliser certaines règles d’exception aux zones de régénération urbaine, à commencer par le raccourcissement des délais d’instruction des permis de construire. Les acteurs verraient aussi d’un bon œil la transposition d’outils nés pour les JO, comme le permis dit « à double état », qui permet d’autoriser d’emblée un bâtiment provisoire puis sa version définitive. De quoi rendre les opérations moins incertaines et plus faciles à financer.
La question des bureaux vides transformés en logements est également au cœur du plan. À l’heure du télétravail, la fondation propose de ramener la TVA à 5 % pour ces opérations dans les quartiers ciblés par la « régénération urbaine », pour rendre plus attractifs des projets aujourd’hui jugés trop coûteux.
Un appel à l’épargne des Français
Et l’argent dans tout ça ? La fondation souhaite créer un « Fonds de régénération urbaine et immobilière des territoires » (FRUIT). Il rassemblerait des capitaux publics et privés pour remettre en état des morceaux de ville déjà construits : ici un centre‑ville en déclin, là un ancien site industriel, ailleurs une zone commerciale vieillissante. La fondation veut aussi mobiliser une partie de l’épargne des Français. Elle vise en particulier les seniors propriétaires, en adaptant des produits d’épargne déjà existants (assurance‑vie ou plans d’épargne) pour financer la transformation du parc de logements, c’est‑à‑dire sa rénovation et son adaptation. L’ambition est de diriger 1 % de cette épargne vers la « régénération urbaine », sans obliger les ménages, mais en leur proposant de nouveaux placements présentés comme utiles pour la société.
L’innovation n’est pas oubliée. Les acteurs plaident pour doubler l’effort de recherche, en faisant passer la part qui lui est consacrée de 0,6 % du chiffre d’affaires de la filière à 1,2 %. L’idée est de bâtir plus vite et à moindre coût.
Présent au sommet, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a accueilli favorablement ces propositions. Reste à savoir quelles idées seront reprises par les candidats à la présidentielle l’an prochain.





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