Qu’il semble loin le temps où l’on voulait croire à une reprise. « Le marché est convalescent, au bord de la rechute », a alerté à la mi‑juin Loïc Cantin, le président de la FNAIM (Fédération Nationale de l’Immobilier). « Nous assistons à un véritable coup d’arrêt. Le marché avait retrouvé des couleurs grâce à la détente du crédit et au retour progressif des acquéreurs. Mais les incertitudes économiques, internationales et politiques sont venues casser cette dynamique », a‑t‑il détaillé.
Au début de l’année, le syndicat professionnel voulait pourtant croire à une sortie de crise en douceur. Il tablait alors sur 960 000 à 980 000 ventes de logements anciens en 2026, dans le prolongement du rebond observé l’an dernier après le point bas de 845 000 transactions atteint fin 2024. Mais patatras : « Le nombre de ventes de logements anciens est passé de 958 000 à fin février à 941 000 sur douze mois glissants fin avril, soit une perte de 17 000 transactions en deux mois », déplore la fédération dans son communiqué. Le contexte géopolitique est venu casser une reprise déjà fragile.
Tensions géopolitiques, inflation et taux pèsent sur la reprise
Un cocktail aussi acide que défavorable est venu faire irruption. Inflation, montée des taux et guerre au Moyen‑Orient ont fait irruption dans le quotidien des Français, rabattant les cartes et les prévisions du marché. À cela s’ajoute la hausse des coûts de l’énergie, qui pèse directement sur le budget logement des ménages au moment de faire les comptes.
La FNAIM avance d’ailleurs plusieurs chiffres parlants. Selon elle, le taux moyen des crédits immobiliers est passé d’environ 3,05% en juin 2025 à 3,25% en mai 2026, et pourrait « rapidement tourner autour de 3,5%, voire atteindre 3,7 à 3,8% d’ici la fin de l’année » si le contexte économique ne se détend pas. Cette hausse peut sembler limitée, mais dans un marché déjà fragilisé par deux années de baisse des prix et un pouvoir d’achat immobilier entamé, elle suffit à faire basculer de nombreux dossiers du côté du renoncement ou du report.
Un marché convalescent qui reperd des ventes
Conséquence : le temps est à la révision des prévisions. La fédération a revu sa copie et s’attend désormais à « entre 900 000 et 920 000 ventes » sur l’année 2026, soit une baisse d’environ 5% par rapport aux actes signés l’an passé. Dans l’ancien, marché qui avait retrouvé des couleurs en 2025, les ventes seraient reparties à la baisse dès le premier semestre, au moment où les ménages se heurtaient de nouveau à des conditions économiques moins favorables.
Une baisse des ventes, mais pas des prix. On peut même parlé d’une quasi-stabilité sur un an (–0,1% au 1ᵉʳ juin). Ainsi, le prix moyen des logements anciens est de 2 994 €/m² au niveau national. Dans le détail, les appartements s’affichent à 3 838 €/m², en hausse de 1,8% sur un an, quand les maisons reculent de 1,6% à 2 357 €/m². Pas de grosse variation, donc : en apparence, les prix sont stables. Mais avec une inflation autour de 2,4%, la FNAIM souligne qu’en réalité, le pouvoir d’achat immobilier recule.
« Nous ne sommes plus face à une crise de l’immobilier, mais à une crise du logement », indique Loïc Cantin. Pas question pour autant de rester les bras croisés. La fédération apporte des propositions : assouplir les règles qui encadrent le crédit, permettre aux ménages de garder leur prêt quand ils déménagent, restaurer des aides à l’accession et alléger certains dispositifs jugés pénalisants pour l’offre, comme l’encadrement des loyers. Face à ce constat alarmant, et sans réponse rapide des autorités, le président de la fédération alerte même sur « le risque d’une crise sociale ».





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