Longtemps, la galère du logement étudiant a semblé un domaine réservé à Paris, Lyon ou Bordeaux. Elle gagne désormais d'autres villes. Poitiers, La Rochelle, Caen… Le temps où les étudiants les choisissaient pour leurs loyers plus abordables paraît loin. Même là, trouver un toit est devenu un parcours du combattant.
La rentrée commence par une course au logement
Passée l'euphorie du bac, ou parfois celle d'une première année obtenue à la fac, les étudiants se heurtent à une autre réalité : celle du logement. Dans les villes universitaires, grandes ou moyennes, l'offre ne suit plus toujours la demande à l'approche de la rentrée.
Le scénario est connu. Les résidences du Crous affichent vite complet. Les studios les moins chers disparaissent des annonces en quelques heures. Pour beaucoup, il reste le parc privé, plus cher, ou la colocation. Une solution choisie par nécessité davantage que par envie.
Une chambre Crous pour 16 étudiants
Le Crous reste la solution la plus accessible pour les étudiants aux revenus modestes. Mais ses résidences ne suffisent pas à répondre à toutes les demandes. Fin août, le réseau indiquait que plus de 155 000 étudiants, principalement boursiers, avaient réservé un logement pour la rentrée 2026. Les demandes avaient progressé de 5% en un an.
La priorité va aux boursiers. Parmi ceux des échelons 6 et 7, 85% ont reçu une proposition de logement. Pour les autres, la course reprend : dossier à boucler, garant à trouver, dépôt de garantie et premier loyer à avancer.
À La Rochelle, la note grimpe vite
La capitale de Charente-Maritime est un cas emblématique. La « ville blanche » accueille 14 600 étudiants, toutes formations confondues, selon l'agglomération. Cette attractivité se ressent sur les loyers : un studio se loue en moyenne 596 euros par mois, et une chambre en colocation entre 350 et 500 euros.
En résidence sociale étudiante, dont les logements Crous, le budget oscille entre 250 et 400 euros. Mais les places restent limitées. Quand le Crous affiche complet, il faut prendre ce qui reste : un studio plus cher, une chambre en colocation, parfois loin du campus.
À Poitiers, les petits loyers partent vite
À quelques kilomètres à l'est, la cité poitevine pourrait avoir des airs d'eldorado. Certes, elle reste moins chère. Sur le papier. Selon LocService, un studio étudiant s'y loue un peu plus de 400 euros par mois, charges comprises, en 2026.
Mais Poitiers accueille près de 30 000 étudiants. Dès l'été, les petites surfaces près du campus et du centre-ville sont prises d'assaut. Encore faut-il en trouver une. Septembre est déjà là. Les studios les mieux placés disparaissent en un rien de temps. Les étudiants venus de loin doivent visiter à distance, monter un dossier à la hâte et dénicher un garant avant même d'avoir posé leurs valises.
Le Crous dans tout ça ? Il allège la facture, mais ses résidences ne peuvent accueillir tous les étudiants. À l'échelle nationale, dix-huit résidences sont en construction, soit 2 800 places. Dix-huit autres projets doivent être engagés prochainement, pour 3 600 places. De quoi desserrer un peu l'étau. Pas de mettre fin à la course au logement.
La colocation, un plan B ?
Vivre comme les personnages de Friends ? Pour beaucoup, la colocation est moins un mode de vie qu'une solution de repli. À La Rochelle, une chambre coûte entre 350 et 500 euros par mois et par personne. Pas forcément le plan bon marché espéré.
D'autres s'éloignent du centre, partent en périphérie, retournent chez leurs parents ou bricolent une solution provisoire. Des choix qui pèsent sur le budget, les trajets et, parfois, la réussite de l'année.





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