Un deux-pièces à visiter, un crédit préaccordé, un loyer déjà estimé. Et puis cette échéance qui pourrait changer la donne : la présidentielle. Acheter pour louer, c'est souvent s'engager pour vingt ans. Les règles immobilières, elles, n’ont pas le même calendrier.
Attendre l'élection pour agir ?
La politique s'invite dans les visites et les simulations de crédit. Selon le premier baromètre de Maslow.immo, un Français sur trois estime que le résultat de la présidentielle de 2027 pourrait modifier le calendrier de son projet locatif.
Dans le détail, 21 % des personnes interrogées pourraient reporter leur achat, contre 12 % qui l'avanceraient. L'incertitude pousse donc davantage à attendre qu'à se lancer.
« Ces dernières années, les investisseurs particuliers ont dû composer avec des changements successifs de fiscalité, de normes énergétiques et d'encadrement des loyers », relève Maslow.immo dans la publication qui accompagne son baromètre. « À quelques mois de l'élection présidentielle, beaucoup attendent avant tout un cadre stable et lisible pour investir sereinement. »
Le deux-pièces sur liste d'attente ?
Il y a encore peu, la recette était connue. Un peu d'apport, un crédit, un petit logement près d'une gare, d'une fac ou d'un centre-ville. Puis un loyer qui permet de rembourser une partie de la mensualité. On faisait les comptes. Si cela tenait, on achetait.
Mais cette fois, la présidentielle de 2027 s'est invitée dans le calcul. Est-ce le changement de locataire à l'Élysée qui pousse à la réflexion ? En tout cas, les mêmes questions reviennent dans les foyers. Quelle fiscalité demain sur les loyers ? Que va devenir l'encadrement ? Faudra-t-il encore payer pour rénover ? Et, en cas d'impayé, les propriétaires seront-ils mieux protégés ?
Pas question pour autant de penser que le marché est à l'arrêt. Seulement, certains préfèrent remettre le dossier à plus tard. Dans le baromètre, 64 % des acquéreurs potentiels disent viser un investissement inférieur à 150 000 euros. Des budgets qui incitent au calme. Une hausse de taxe foncière ou quelques travaux supplémentaires suffisent parfois à faire basculer le projet.
La pierre garde ses fidèles…
Un Français sur deux juge l'investissement locatif attractif, selon le baromètre Maslow.immo. Mieux : 22 % envisagent même d'acheter un bien pour le louer dans les douze prochains mois.
La pierre, ça reste du concret. Un logement que l'on voit, un bien que l'on garde, un loyer qui peut aider à payer le crédit. Pour certains, c'est aussi la retraite qui se prépare, avec un appartement plutôt qu'une ligne de plus sur un relevé bancaire.
… Mais la pierre veut des garanties
C'est là que l'échéance électorale de 2027 prend tout son poids. Les futurs bailleurs ne demandent pas tous un nouveau dispositif ou une baisse d'impôt. Ils veulent surtout savoir dans quel cadre ils vont investir.
Résultat : parmi ceux que le scrutin pourrait faire changer de calendrier, 34 % regardent d'abord l'état de l'économie. La fiscalité immobilière suit, citée par 26 % d'entre eux, devant le climat politique et social, à 21 %.
Pour 68 % des personnes interrogées, les bailleurs privés jouent un rôle essentiel ou important pour loger les Français. Pourtant, pour 56 %, investir pour louer n'est pas vraiment, voire pas du tout, à la portée des classes moyennes. Un constat qui nourrit, à l'approche de la présidentielle, la demande de visibilité sur le coût et les règles de l'investissement.
La peur est d'abord locative
Avant même les impôts, ce sont les risques de la location qui refroidissent. Les impayés ou le squat sont cités par 40 % des Français parmi les freins à l'investissement. Le prix des biens suit, à 39 %, puis les taux de crédit, à 34 %.
Un futur bailleur ne regarde donc pas seulement le prix dans l'annonce. Il regarde ce qu'il devra sortir chaque mois : crédit, assurance, charges, taxe foncière, travaux. Et, parfois, aucun loyer qui rentre.
Le DPE inquiète aussi. Interdits à la relocation depuis 2025, les logements G devaient être rejoints par les F en 2028. Mais le projet de loi relance du logement, en discussion au Parlement, prévoit de les rouvrir à la location contre un engagement de travaux. Avant même de chercher un locataire, mieux vaut savoir combien coûtera l'appartement.




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