Après un été marqué par les canicules, les incendies et la sécheresse, le gouvernement veut accélérer l’adaptation de la France au changement climatique. Selon les informations révélées par Challenges et reprises par AEF info, 23 mesures sont actuellement à l’étude dans des domaines aussi variés que le logement, l’agriculture, les entreprises, les transports ou encore le financement.
Cette accélération intervient dans un contexte de forte mobilisation autour du climat. Le 26 septembre, plus de 250 marches et rassemblements ont été organisés dans toute la France pour réclamer notamment un plan d’adaptation d’urgence. Deux jours plus tard, plusieurs organisations de protection de l’environnement sont conviées au ministère de la Transition écologique pour échanger sur les propositions en cours.
Fin juillet, le Premier ministre avait confié à Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, une mission destinée à accélérer la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique. Selon AEF info, Monique Barbut prévoit de remettre officiellement ses conclusions au Premier ministre le 30 septembre.
Le logement au cœur de plusieurs mesures
Parmi les 23 propositions envisagées, plusieurs concernent directement l’habitat.
Le gouvernement réfléchirait notamment à une mise à jour du diagnostic de performance énergétique afin de mieux intégrer la chaleur et le confort d’été dans les logements. Cette évolution serait distincte des autres réformes du DPE déjà annoncées, qui portent notamment sur son mode de calcul et la prise en compte de l’électricité.
Autre piste : faciliter l’installation de volets et de protections solaires. Les règles de vote en copropriété pourraient être simplifiées et le poids de l’avis des architectes des bâtiments de France pourrait être réduit dans certains cas. Le gouvernement envisagerait également d’élargir l’application du taux de TVA à 5,5 % aux volets.
Un plan canicule pour le logement social
Le parc social serait lui aussi directement concerné.
Un « plan logement social canicule » pourrait être mis en place afin d’installer des brasseurs d’air et des protections solaires dans l’ensemble du parc d’ici à 2034.
La question du confort d’été pourrait également être renforcée dans la construction neuve. Le gouvernement travaille notamment sur une possible évolution de la RE2020, qui intègre déjà des critères liés aux fortes chaleurs.
Parmi les pistes figurent aussi l’instauration d’un seuil de confort d’été plus exigeant et la recommandation d’éviter les bâtiments mono-orientés, plus difficiles à rafraîchir naturellement.
Agriculture, eau, entreprises et transports également concernés
Les 23 mesures dépassent largement le seul secteur du logement.
Dans l’agriculture, le gouvernement envisage notamment de conditionner certaines aides publiques à la mise en place de mesures d’adaptation au changement climatique, mais aussi de financer l’adaptation des vergers et de renforcer les dispositifs de stockage d’eau.
Du côté des entreprises, le gouvernement envisage d’introduire des exigences liées à l’adaptation au changement climatique dans certains dispositifs d’aides publiques, notamment France 2030 et ceux de Bpifrance. Une piste à laquelle Bercy s’opposerait à ce stade, selon les informations rapportées par AEF info.
Dans les transports, le plan prévoit également de renforcer la résilience du réseau ferroviaire. L’État a déjà prévu de porter à 4,5 milliards d’euros par an, à partir de 2028, les investissements consacrés à la régénération et à la modernisation du réseau.
Le financement reste à trancher
Le financement reste l’un des principaux points en discussion.
Le ministère de la Transition écologique évoque plusieurs pistes : budget de l’État, participation des grands opérateurs comme la SNCF, financement des collectivités ou encore mobilisation de l’épargne des ménages.
Dans un entretien accordé aux Échos le 4 septembre, Monique Barbut a proposé de relever le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros. Selon les calculs de son ministère, cette mesure pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 10 milliards d’euros supplémentaires par an pour financer l’adaptation au changement climatique.
À ce stade, toutefois, aucune de ces mesures n’est définitivement arrêtée. Les arbitrages interministériels et financiers doivent encore être tranchés avant la remise des conclusions annoncée pour le 30 septembre, selon AEF info.





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