Passé les municipales du printemps, la prochaine grande échéance pour les Français sera l’élection présidentielle, prévue au printemps 2027. Si proche et si loin à la fois. Parmi les principales préoccupations des électeurs, le logement s’impose désormais comme un sujet central, loin d’un simple thème “fourre‑tout”.
Selon un récent sondage Odoxa réalisé pour Nexity, BFM et Capital, environ 70% des Français considèrent que le logement sera un enjeu majeur des prochaines élections et attendent des candidats des réponses concrètes. La question du “toit” rejoint ainsi la santé, l’alimentation ou la sécurité au rang des priorités affichées. Pour beaucoup, le logement devient un critère décisif pour choisir le futur locataire de l’Élysée.
Cette préoccupation s’est déjà fait sentir lors des municipales. Le logement n’est plus un angle technique réservé aux spécialistes, mais une série de questions très simples que se posent des millions de Français : vais‑je pouvoir continuer à vivre près de mon lieu de travail ? Vais‑je réussir à loger mes enfants ? Aurai‑je un jour les moyens d’acheter ?
Premier poste de dépense et usine à sacrifices
Le sujet alerte, sondage à l’appui : pour 78% des Français interrogés, le logement est perçu comme le premier poste de dépense qui pèse sur le budget, devant même l’alimentation. « Je lâche plus de la moitié de mon budget dans le loyer d’un appartement de 37 m² à Paris », confirme ainsi Philippe, 27 ans, communicant. « On sait qu’ici il faut se serrer la ceinture, faire des sacrifices… mais ça devient compliqué. »
L’Insee confirme ce ressentiment : en 2024, les dépenses de logement représentent 21,2% du PIB, soit près de 619 milliards d’euros, et absorbent 27,8% de la dépense de consommation des ménages. Autrement dit, plus d’un quart de ce que dépense une famille chaque année part dans le loyer, l’énergie, l’eau et les charges de son logement.
Sans parler des locataires qui, las, s’éloignent de leur lieu de travail faute de mieux, des étudiants qui enchaînent les petits boulots pour garder leur studio ou encore des familles qui s’entassent dans de petits appartements pour rester proches des écoles. Le marché locatif n’arrange rien : en 2024, un locataire dépensait en moyenne 723 euros par mois charges comprises pour un logement d’environ 42 m², soit un loyer de 17 euros au mètre carré, en hausse de plus de 3% sur un an, selon LocService.
À la réalité des chiffres s’ajoute la peur d’un nouveau choc, qu’il soit géopolitique, économique ou fiscal. Ainsi les français s’interrogent sur les conséquences négatives de la guerre au Moyen-Orient, déjà une réalité pour bon nombre d’entre eux dans leur quotidien.
Plébiscite pour du concret
Résultat : les Français veulent que des mesures en matière de logement figurent noir sur blanc dans les programmes des candidats, achat et location compris. Ils attendent d’abord des solutions pour produire davantage de logements, en construisant ou en transformant des bureaux en appartements, mais aussi un vrai coup d’accélérateur sur la rénovation pour rendre les logements moins énergivores et donc moins coûteux à chauffer.
« Qu’on nous sorte de ce tunnel ! », poursuit Philippe. « J’ai renoncé à des soirées, des verres entre potes, des sorties au cinéma parce que mon porte‑monnaie ne me le permet pas. » Pour lui comme pour beaucoup, le logement n’est plus seulement une ligne de budget, c’est ce qui décide de ce qu’il reste (ou non) pour vivre à côté.
De là à en faire un test de crédibilité pour les candidats à l’Élysée ? Oui. Au fil des mois, à mesure que l’échéance électorale se rapproche, le logement s’impose comme un argument central dans la course. L’an prochain, les électeurs attendront du concret : des chiffres, un calendrier, des engagements vérifiables, pas seulement des slogans. Le chemin vers le futur locataire du Chateau de la Rue Saint-Honoré passera, entre autres, par la capacité à répondre à cette question simple : comment permettre à chacun de garder ou de trouver un toit.





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