À Tulle, 13 logements pour sortir de l’urgence et retrouver une vie

Dans l’ancien évêché de Tulle, des studios accueillent des personnes très précaires, accompagnées dans leur quotidien.
Dans l’ancien évêché de Tulle, des studios accueillent des personnes très précaires, accompagnées dans leur quotidien.
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Sur la route menant à Guéret, le bâtiment est flambant neuf. L’avenue de la Bastille, à Tulle, accueille une petite révolution. L’ancien évêché y a été transformé en résidence pour des personnes qui ont longtemps vécu entre la rue, les hôtels sociaux, voire les canapés de proches. Treize appartements d’environ 25 m² composent l’ensemble nommé « La Parenthèse ».

Ici, on est loin de l’image des centres d’hébergement. On parle d’un vrai domicile : meublé ou semi‑meublé, avec cuisine, salle d’eau et espace de vie. Les habitants y paient un loyer adapté à leurs ressources, généralement couvert en grande partie par les aides au logement. La maison relais s’adresse à des adultes isolés, en grande difficulté sociale, qui peinent à tenir dans un logement classique sans soutien. Souvent des vies marquées par les ruptures familiales, la maladie, la perte d’emploi, parfois des troubles psychiques ou des addictions.

Objectif : Retisser des liens, retrouver des routines

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Ce sont les travailleurs sociaux qui orientent vers le dispositif. L’accès ne se fait pas sur simple demande. Le passage par le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) de la Corrèze est obligatoire : il centralise et présente les dossiers à une commission d’admission. Derrière ce parcours, une idée : réserver ces 13 places à celles et ceux pour qui un hébergement ne suffit plus. Au programme, pour les habitants : la stabilité d’un logement, la possibilité de rester le temps nécessaire et la certitude de ne pas être renvoyé à la rue au bout de quelques semaines.

C’est aussi l’occasion de reprendre la routine des gestes simples. Faire ses courses dans le quartier, reprendre une douche quand on veut sans avoir à la partager, ouvrir la fenêtre le matin, préparer à manger dans sa propre cuisine. Autant de gestes du quotidien qui deviennent, après des années de galère, une manière discrète de se reconstruire.

Discrets, les hôtes jouent un rôle central. Leur rôle : repérer les périodes de décrochage, proposer un café, une sortie, un atelier cuisine ou un temps d’échange autour d’un match à la télé. Ils encouragent aussi les liens entre voisins, pour éviter que chacun ne se replie sur son studio. Le pari se fait sur la liberté, la durée et la confiance.

Un habitat accompagné, pas un hébergement d’urgence

Les habitants vivent donc à leur rythme. Pas de plafond de durée : certains resteront quelques mois, d’autres plusieurs années. Ici, on ne gère pas l’urgence au jour le jour. L’objectif est autre : permettre à des personnes très fragiles de se reconstruire dans la durée et, peu à peu, de retrouver une vie plus stable. C’est une rupture par rapport aux hébergements d’urgence, pensés pour le court terme, même s’ils restent indispensables dans le département.

« La Parenthèse », première maison relais de Corrèze, s’inscrit dans la philosophie du « logement d’abord » portée au niveau national : proposer d’emblée un logement pérenne à des personnes sans abri ou très précaires, puis organiser l’accompagnement social, médical et administratif autour de ce toit, plutôt que de les ballotter de dispositif en dispositif.

La demande est bien réelle. En marge de l'inauguration, le préfet de la Corrèze a d'ailleurs fait état d'« importants besoins » sur le territoire. De quoi susciter des envies de suite ? Le quotidien La Montagne évoque ainsi une réflexion, au niveau départemental, autour de la création d’une deuxième maison relais et d’une pension de famille en Corrèze.

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