« Plan endurance » : volets et stores contre la surchauffe ?

Volets et stores font baisser la température de plusieurs degrés. Un logement sur deux en reste pourtant mal équipé.
Volets et stores font baisser la température de plusieurs degrés. Un logement sur deux en reste pourtant mal équipé.
Jan van der Wolf Pexels

Il y a des expériences dont on se passerait bien. Celle de l’appartement qui se transforme en sauna dès les premières vagues de chaleur en fait partie. Les volets et les stores sont‑ils en train de devenir nos meilleurs alliés contre les canicules ?

Selon la Fondation pour le logement, plus de 40% des logements ne seraient pas pleinement équipés de volets. Une étude réalisée par Pouget Consultants pour IGNES estime, de son côté, qu'un logement sur deux pourrait être considéré comme une « bouilloire thermique », l'absence de protections solaires extérieures figurant parmi les principaux facteurs de surchauffe.

Plusieurs travaux convergent sur le fait que ces dispositifs peuvent réduire de 4 à 5 °C la température intérieure lors des épisodes de chaleur, voire davantage lorsqu’il s’agit de protections extérieures automatisées. Un volet roulant, un store extérieur ou un brise‑soleil deviennent ainsi une première réponse, un premier geste pour se protéger des rayons brûlants du soleil.

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La réponse du gouvernement : le « plan endurance »

C’est dans ce contexte que le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté le 17 juin un « plan endurance » pour adapter le parc résidentiel à la réalité des vagues de chaleur. Parmi les mesures annoncées figurent le renforcement des aides à l’installation de protections solaires et la simplification des règles pour les déployer en copropriété.

Le gouvernement promet plusieurs coups de pouce sur le sujet des volets et des stores. Dans les copropriétés, il veut faciliter et accélérer les travaux d’ampleur, notamment l’installation de stores, volets et brasseurs d’air, en abaissant les seuils de majorité nécessaires. Un prêt collectif doit aider à financer ces projets. Les protections solaires deviennent éligibles à MaPrimeRénov’ lorsqu’elles s’inscrivent dans une rénovation globale, et ces équipements bénéficient déjà d’une TVA à 5,5% depuis le 1er janvier 2025, à condition de respecter des critères de performance thermique et solaire.

Le principe est simple : arrêter la chaleur avant qu’elle n’entre. Cette « clim naturelle » a un autre avantage : elle consomme très peu d’énergie. Rien à voir avec une climatisation qui tourne des heures durant, alourdit la facture d’électricité et réchauffe l’air extérieur. Les protections solaires extérieures jouent en plus un rôle l’hiver, en renforçant l’isolation de la fenêtre la nuit.

Les associations en attente d’un grand plan

Pas assez, répondent les associations et une partie des professionnels du secteur. En plus, une proposition de loi « Zéro logement bouilloire », initiée par la Fondation pour le logement, veut faire entrer la chaleur excessive dans le droit du logement : elle l’ajouterait aux critères de précarité énergétique et de décence, et faciliterait la pose de protections solaires dans les copropriétés et les secteurs protégés.

La Fondation pour le logement veut aller plus loin. Dans son étude « Logements‑bouilloires : quartiers chauds ! », elle plaide pour un grand plan national d’installation de volets et de brasseurs d’air d’ici 2040, financé par l’État à hauteur de 1,1 milliard d’euros par an. Priorité dans le parc social.

En somme, deux visions semblent s’opposer : d’un côté un gouvernement qui multiplie les annonces et mise sur les rénovations globales ; de l’autre des associations qui réclament un changement d’échelle. Une chose est sûre : la bataille contre la chaleur passera par là.

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