Locations de vacances : les arnaques dopées à l’IA explosent

Des faux propriétaires aux sites copiés, l’IA rend les arnaques aux locations de vacances plus crédibles que jamais avant l'été
Des faux propriétaires aux sites copiés, l’IA rend les arnaques aux locations de vacances plus crédibles que jamais à l’approche des départs.
SlimMars 13 Pexels

Doucement mais sûrement, les Français se mettent en mode vacances. Comme le veut la routine, les aoûtiens vont succéder aux juilletistes. Place donc aux locations de vacances, ici pour profiter des plages, là pour se ressourcer en montagne. Mais derrière ce scénario idyllique, l’ombre des arnaques à la location ressurgit, dopées cette année plus que jamais par l’intelligence artificielle.

Messages rédigés sans faute, tentatives de phishing respectant la charte graphique des sites, fausses alertes de réservation ou de paiement : les faussaires se sont professionnalisés. Les deepfakes, ces vidéos, images ou audios fabriqués par IA qui imitent très fidèlement une personne réelle, sont venus s’ajouter à l’arsenal pour rendre la supercherie encore plus crédible.

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Des arnaques plus réalistes que jamais

« Tout était parfait : contrat, carte d’identité, justificatif de propriété… Je n’imaginais pas une seconde que la maison n’existait pas », raconte un vacancier sur un forum. « On a envoyé plus de 4 000 euros en confiance. Ce n’est qu’en apprenant que d’autres avaient réservé la même période qu’on a compris l’arnaque », ajoute un autre.

Logements inexistants ou déjà occupés, proposés sur des sites de petites annonces, des réseaux sociaux ou des plateformes peu connues, se multiplient avec, à la clé, des prix inférieurs au marché local pour attirer les plus pressés.

L’irruption et la démocratisation des deepfakes marquent un vrai tournant. La possibilité de cloner une voix ou un visage permet d’envoyer des messages audio ou vidéo où un prétendu propriétaire, agent immobilier ou même proche semble confirmer la réalité du logement et réclamer un paiement urgent. En parallèle, des faux profils de propriétaires ou d’agences, agrémentés de photos générées par IA, discutent en plusieurs langues avec les vacanciers et répondent immédiatement à leurs questions.

La multiplication des fuites de données au printemps, visant des poids lourds du tourisme, n’a sûrement pas arrangé les choses. Souvent synonymes de récupération de noms, de coordonnées, de dates et de lieux de séjour (voire davantage), elles offrent aux escrocs un matériau précieux pour affiner la précision de leurs futures arnaques.

Comment ne pas se faire piéger

Une vague de fond qui touche beaucoup de monde : selon une étude OpinionWay pour Airbnb en avril 2024, près d'un Français sur deux (48 %) déclare avoir été victime d'une arnaque en ligne, ou connaître un proche dans ce cas. D’où le rappel, par les autorités et les associations de consommateurs, des réflexes de base à adopter.

En premier lieu, vérifier la réalité du logement : comparer les prix avec d’autres annonces similaires, retrouver l’adresse sur une carte ou via des vues satellites, consulter les avis laissés par d’autres locataires quand ils existent. Une recherche d’images inversées permet également de repérer des photos reprises d’autres annonces ou issues de banques d’images.

Aussi, un propriétaire introuvable, qui refuse systématiquement de donner son numéro ou d’échanger autrement que par messagerie, est un signal négatif important. La prudence s'impose néanmoins jusque dans ces échanges : une voix ou un visage peuvent désormais être imités, et mieux vaut donc croiser ce contact avec d'autres vérifications plutôt que s'y fier seul.

En cas de doute ou de paiement déjà effectué, les autorités recommandent de contacter immédiatement sa banque afin de tenter de bloquer la transaction. La victime peut ensuite déposer plainte en ligne via THESEE, la plateforme du ministère de l'Intérieur dédiée aux escroqueries sur internet, qui prend notamment en charge les arnaques à la petite annonce. Histoire que les vacances ne se transforment pas en cauchemar avant même d'avoir posé les valises.

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