Reconstruire après les incendies : ce que promet le gouvernement

En Gironde et dans les Landes, l'État promet des permis de construire en un mois et 12 millions d'euros d’aides.
En Gironde et dans les Landes, l'État promet des permis de construire en un mois et 12 millions d'euros d’aides.
Andreas Berget Pexels

183 maisons calcinées sur les 240 recensées, selon le maire. Au Porge, en Gironde, le paysage est celui de la désolation, trace indélébile de la rudesse de l’été 2026. Les incendies qui ont ravagé la zone sont passés par là : 42 000 hectares ont brûlé dans le département, où la colère le dispute désormais au chagrin.

La visite du Premier ministre, Sébastien Lecornu, n’a pas calmé une population encore sous le choc. Les huées constatées lors de son passage sur les lieux sont là pour confirmer la tendance. Le chef du gouvernement a annoncé que les permis de construire nécessaires aux reconstructions « en équivalence » seraient délivrés « globalement sous un délai d’un mois », voire « moins d’un mois ». L’objectif est de permettre aux propriétaires sinistrés de rebâtir plus vite, tout en intégrant de nouvelles exigences de sécurité.

L’État a annoncé 10 millions d’euros d’aides pour la Gironde. Également touchées, les Landes recevront 2 millions d’euros. Cette enveloppe doit être répartie entre les collectivités, les chantiers d’urgence, le relogement, la relance du tourisme et le soutien au tissu économique local.

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Elle est disponible « dès maintenant », a assuré Sébastien Lecornu, qui y voit « une forme de plan de relance ». « On assume de sortir l’artillerie lourde », a déclaré le Premier ministre. Une première réponse à l’urgence : permettre aux sinistrés de retrouver un logement et éviter que les communes touchées ne se vident.

Mais l’accélération des permis ouvre aussi une question : dans des villages construits au contact des pins et des broussailles, peut-on reconstruire vite sans restaurer les mêmes vulnérabilités face au feu ?

Reconstruction « en équivalence »

L’exécutif a précisé que les maisons seraient reconstruites « en équivalence ». Cette formule ne signifie pas forcément rebâtir exactement à l’identiqueL'idée est de construire de manière plus sécurisée par rapport au risque incendie, c'est-à-dire pas forcément dans les mêmes zones. Quelques zones seront probablement identifiées comme nécessitant de ne plus construire là », a précisé pour sa part le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun.

La Mission Reconstruction et adaptation des Territoires (MRAT), lancée par Matignon après les incendies de l’été, doit précisément travailler sur ces sujets : prévention des feux, pare-feu, débroussaillement, urbanisme, modes de construction et gestion des massifs.

Le gouvernement a également promis de jouer un rôle d’interface entre assurés et assureurs afin d’accélérer les prises en charge. Car, pour les propriétaires, l’obtention d’un permis ne suffit pas : le démarrage d’un chantier dépend aussi du contrat d’assurance, des expertises et du montant finalement indemnisé.

L’exécutif veut alléger une procédure jugée trop lente. Sébastien Lecornu a évoqué des permis délivrés en un mois, mais la présentation du plan d’urgence mentionne aussi un délai pouvant aller d’un à trois mois selon les dossiers. Une différence qui compte pour les familles relogées provisoirement, parfois loin de leur commune.

Ces annonces laissent sceptiques certains sinistrés de 2022 en Gironde. Après les feux de La Teste-de-Buch et de Landiras, le retour dans une maison reconstruite s'est parfois compté en années indique la radio France Info. L'obtention du permis n'est qu'une étape : l'inventaire des biens détruits, l'expertise et la négociation avec l'assureur mobilisent des mois avant même le dépôt du dossier. À noter qu'Emmanuel  Macron a annoncé que les communes varoises touchées par les incendies bénéficieraient des « mêmes dispositifs » d'aides que la Gironde et les Landes.

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